BE-A Walker

BE-A Walker pose la question : que feriez-vous si vous étiez un soldat de l’Empire de Star Wars, pilote de “AT-ST Walker” sur Endor, mais avec des Ewoks extrêmement violents ? Et que l’air était irrespirable ? Et que vous étiez plus des colons que des envahisseurs ? Et… bon ok ça fait beaucoup de questions.

L’histoire est donc un croisement entre Star Wars et Avatar : la Terre est devenue inhabitable, et plutôt que d’essayer de régler les problèmes chez nous, quoi de plus naturel que d’aller coloniser une autre planète et massacrer les habitants locaux ? C’est un aspect relativement travaillé, avec quelques doublages, des portraits qui parlent régulièrement, et un certain nombre de dialogues ; malheureusement l’histoire met aussi une éternité à démarrer, et après plusieurs heures on en est encore à ohlala les locaux sont pas contents mais on ne peut pas faire autrement, vous ai-je dit que l’air était irrespirable ? Parce qu’on ne peut pas respirer dehors sans combinaison. Mais alors, ces locaux, ma brave dame, vraiment des sauvages. Et cet air ! Irrespirable. Vous savez pas la dernière à propos des locaux ? Eh bien ce sont des sauvages. Si, si. Et alors, cet air, oulalah, il est irrespirable ! MERCI ON A COMPRIS on peut passer à autre chose ?

Une histoire aussi ennuyeuse pourrait être rattrapée par un gameplay intéressant, mais ce n’est pas tellement le cas. Le premier contact est plutôt sympathique : on peut piloter les jambes du walker plus ou moins manuellement, ce qui permet d’éviter certains obstacles ou d’écraser les locaux plutôt que de leur tirer dessus. La prise en main n’est pas évidente, et sur Switch sans les gâchettes analogiques on ne peut pas gérer finement la descente des pieds, mais c’est assez intéressant. Le problème vient quand on commence à tirer sur les ennemis : on se contente de tirer sur les ennemis, et pas grand-chose d’autre. Il y a bien plusieurs armes, une gestion du cooldown, besoin de secouer la cabiner pour déloger les ennemis qui ont atterri dessus, de lever les pieds pour esquiver certains projectiles, mais c’est trop secondaire pour changer grand-chose, d’autant plus que le walker est très lent, et le gameplay est par conséquent très mou : impossible d’esquiver la plupart des tirs ennemis, il faut juste leur tirer dessus plus vite qu’eux.

Les niveaux de BE-A Walker se ressemblent beaucoup visuellement et sont tous parfaitement plats, le walker se déplace lentement, les ennemis se renouvellent trop lentement, et les missions sont, pour la plupart, identiques : on avance, on massacre des ennemis, on avance. De temps en temps (deux fois en 2 heures de jeu) il faut utiliser le déplacement manuel pour éviter des gens ou des mines, mais c’est trop peu pour casser cette monotonie qui s’installe très vite et ne repart plus. Je rajoute qu’il faut obligatoirement grinder les missions pour obtenir de l’argent et améliorer son walker : le choix de missions qui nous est proposé est trompeur, elles sont toutes similaires, et il faut toutes les faire pour pouvoir avancer de toute façon, d’autant plus que la plus grande partie de votre argent ne servira qu’à payer vos réparations.

Le pitch du jeu, annoncé dès la description sur sa fiche, c’est qu’il faudra à un moment choisir son camp et peut-être tirer sur nos anciens alliés. Eh bien laissez-moi vous dire qu’après 2 heures à tirer sur les mêmes ennemis en boucle et à entendre le même discours en continu, je n’en ai eu aucun aperçu, et ça ne m’a donné absolument aucune envie de continuer pour voir la suite. Si c’est pour avoir la même chose avec des ennemis légèrement différents, non merci : c’est beaucoup trop lent, et beaucoup trop répétitif.

Techniquement ce n’est pas moche, avec quelques détails comme les pieds qui deviennent rouge de sang quand on marche sur les ennemis. En revanche, les musiques se ressemblent toutes beaucoup, et le son de la marche est assez agaçant à la longue.

Au vu de ses critiques plutôt positives, BE-A Walker a manifestement un public. Au vu de sa lenteur, de sa répétitivité et de son manque de profondeur, je dois bien avouer que j’ai du mal à voir qui ils sont.