Trouver les bonnes ROMs

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Où trouver les ROMs

Les premiers “groupes de warez” qui dumpaient les cartouches ou copiaient les jeux disquette avaient tendance à rajouter des “intros” avec leurs noms au lancement des jeux, et régulièrement, les modifiaient, les corrigeaient, ou ajoutaient des codes de triche, sans forcément le spécifier. Pour éviter ces vieux dumps, souvent mal faits et buggés, recherchez les packs “No-Intro“, le résultat d’un effort collectif récent de re-dump “propre” sur plusieurs années. Pour les ISO, c’est un peu pareil, privilégiez les “Redump“.

Je ne vous donnerai pas de lien direct de téléchargement : non seulement c’est au mieux légalement douteux, mais en plus, ça change sans arrêt : les sites ferment, rouvrent, retirent leurs roms, ou se transforment en nid à virus et spyware (refusez catégoriquement d’installer quoi que ce soit provenant de ces sites). Globalement, le plus simple, c’est de rechercher un romset complet, puis d’y faire du tri ou de n’en extraire que ce qui nous intéresse, mais c’est aussi ce qui prend le plus de place.

Archive.org a de nombreux romsets (comme TOSEC ou No-Intro), mais ils sont ajoutés et supprimés au fil des DMCA. Reddit a de nombreuses listes de téléchargements (les liens changent sans arrêts, recherchez vous-même). Planetemu est une source fiable de roms, ils ont également pas mal de versions pré-hackées. The Eye a également beaucoup de roms de beaucoup de systèmes, mais pas tout.

Si vous souhaitez faciliter les jeux ou les traduire, il n’est pas très difficile de trouver des hacks, notamment ici : Romhacking.net

La région : USA, Europe, Japon

Les jeux en version occidentale ou Japonaise sont parfois strictement identiques, et n’ont parfois rien à voir, comme le célèbre exemple de Super Mario Bros 2 qui n’est tout simplement pas le même jeux en occident et au Japon (il y en a d’autres). Le plus souvent, les jeux ont de simples ajustements de difficulté et de la censure, Nintendo US refusant de voir apparaître de l’imagerie religieuse ou de la nudité, des corrections de bug, des musiques modifiées, voire même des niveaux entiers en plus ou en moins. Je ne vais pas vous faire la liste par le détail, elle est trop longue, et d’autres sites font déjà ça très bien.

L’autre différence importante pour le choix de la région de votre jeu, c’est la vitesse. Vous savez peut-être que les USA et le Japon utilisaient le NTSC en 60Hz, tandis que l’Europe utilisait le PAL ou le SECAM en 50Hz (si vous ne le saviez pas, direction le glossaire). Le problème, c’est qu’à l’époque, la plupart des développeurs ne s’embêtaient pas à ajuster les jeux : ils tournaient juste plus lentement en Europe qu’aux USA. Ca peut ne pas vous poser de souci (ça rend certains jeux plus faciles), mais c’est moins fluide, surtout sur nos écrans plats qui sont aujourd’hui tous à 60Hz.

Pour la plupart des jeux, il est donc conseillé de privilégier les versions Américaines ou Japonaises, selon la quantité de texte (beaucoup de jeux Japonais ont des menus en anglais). Si le jeu comprend beaucoup de textes et que vous n’êtes pas à l’aise avec l’anglais, prenez la version Européenne ; de toute façon, s’il y a tellement de texte, c’est probablement un RPG ou un jeu d’aventure qui sera moins pénalisé par la fréquence plus basse.

Certains émulateurs permettent aussi de forcer le 60Hz sur les jeux PAL, la plupart fonctionnent, mais cela peut introduire des bugs plus ou moins subtils.

Trouver les bons BIOS

Trouver le bon BIOS est parfois assez compliqué : ils changent au fil des modèles et révisions de machines, selon les régions, etc. Les ordinateurs comme l’Amiga ou l’Atari ST ont des dizaines de BIOS différents.

Les émulateurs demandent souvent une version spécifique de BIOS : si c’est le cas, ils vous fourniront un hash MD5 pour être sûr de trouver le bon fichier. Dans ce cas, il vous suffira de rechercher ce code MD5.

GameTechWiki permet de télécharger directement des BIOS, mais étant hébergés sur des services type Mega, Mediafire ou Dropbox, les liens risquent de tomber à tout moment : Emulator Files – Emulation General Wiki.

Les suffixes des roms

En cherchant des roms, vous allez rapidement tomber sur des noms de roms du genre “Super Mario World (U) [b2][T+Dut100_OkImpala].smc“. Que peuvent bien vouloir dire ces signes cabalistiques ?

Les suffixes les plus importants :

  • Le plus facile à comprendre, c’est la région : (U) pour USA, (E) pour Europe, (J) pour Japon. EU ou UE sont les jeux qui n’ont qu’une seule version pour l’Europe et les USA.
  • [!] désigne les meilleures qualités de dumps. C’est ce que vous voulez télécharger si vous voulez la version originale intacte.
  • [b] désigne un “bad dump”, une copie corrompue d’une certaine manière. Parfois ces dumps sont conservés car ce sont les seuls existants d’un jeu rare, ou d’une version spécifique de ce jeu, comme un prototype.

Pour les jeux sur ordinateur, préférez les versions crackées, car ils intégraient souvent des mécanismes de protection qui nécessitaient d’avoir le manuel à portée de main, voire même des roues codées ou autres gadgets qui vous seront indisponibles sur émulateur.

Dans le détail :

  • [a] : version alternative ; certains jeux sont sortis en plusieurs révisions, avec des correctifs dans les versions suivantes par exemple.
  • [p] : version pirate, par exemple des versions bootleg. Parfois identique à l’original, parfois pas.
  • [t] : “trainer”, une version qui permet d’activer de la triche à volonté. S’il y a un chiffre, désigne le nombre d’options disponibles.
  • [f] : “fixed” : une version avec des bugs corrigés par des hacks.
  • [T+] “translation+” : traduit le jeu dans la langue spécifiée après le + (ou en anglais si rien n’est spécifié)
  • [T-] “translation-” : spécifie la traduction remplacée, si c’est pertinent, par exemple un jeu anglais/français avec une version espagnole qui remplace le français.
  • [h] : hack. Si rien d’autre n’est précisé, bon courage pour savoir ce qui a été modifié.
  • (-) : année inconnue.
  • [o] : “overdump”, la taille du fichier est supérieure à la taille du jeu à cause d’un mauvais dump, mais ce n’est généralement pas problématique.
  • (M#) : multi-langues, le # spécifie le nombre de langues.
  • (###) : une série de lettres et/ou de chiffres représente généralement le checksum ; rarement utilisé.
  • (??k) : la taille du fichier ; rarement utilisé.
  • ZZZ_ : préfixe qui spécifie qu’on ne sait pas trop ce qu’est la rom. Parfois utilisé sur les logiciels transbahutés d’un site à un autre depuis 30 ans, et qui proviennent de systèmes pas très populaires.
  • (Unl) : unlicensed, souvent un jeu amateur (ou pas) développé sans l’autorisation du constructeur et produit en bootleg.

Les numéros suivants les symboles désignent d’autres variante de la même modification (excepté “t”). Par exemple [a] désigne une version alternative, et [a2] une seconde version alternative.

Les noms suivants certains symboles désignent les groupes qui ont fait la modification : par exemple [cr Tristar][t +2 Heresy] indique que le crack a été fait par Tristar, et qu’un trainer fait par Heresy offre deux options.

Les codes spécifiques à des systèmes :

  • Game Boy : [C] pour le support de la Game Boy Color, [S] pour le support du Super Game Boy.
  • Super NES : (BS) pour les jeux Stellaview (un système de téléchargement de jeux Japonais), (NP) pour Nintendo Power, un magazine Américain qui distribuait parfois des jeux ou des démos.
  • NES : [PC10] pour les jeux Playchoice 10 (une variante arcade de la NES), [VS] pour les jeux V.S. (une autre variante arcade de la NES).
  • Amiga : (AGA) pour les jeux Amiga AGA (Advanced Graphics Array)

Source : ROM Suffix Explanations | 64bitorless (archive.org)

Les formats des jeux

Pour les consoles, c’est assez simple : même s’il y a plusieurs extensions possibles, la plupart des émulateurs savent toutes les lire.

Pour l’arcade, c’est plus complexe, un guide est dédié à ça.

La plupart des ordinateurs n’ont pas de souci particulier, et les jeux sont soit sur des disquettes, soit sur des CD-ROM. Mais certains ordinateurs avaient différents moyens de lire les programmes (notamment disquette, cassette et cartouche), et on peut trouver de nombreux formats de jeux.

Commodore 64

  • CRT : des dumps de cartouche. C’est plus pratique que les jeux multi-disquettes, mais il n’y a souvent pas de sauvegarde possible.
  • D64 : des dumps de disquettes (disk).
  • PRG : des programmes au format binaire, l’équivalent des .exe sur Windows, pour les jeux qui n’avaient besoin d’aucun autre fichier.
  • T64, TAP : des dumps de cassettes (tape).
  • D’autres formats existent : LNX (un format spécifique à Lynx, un programme sur C64) ; P00 (un fichier généré par certains émulateurs C64) ; Z64 (des fichiers compressés).

ZX Spectrum

  • DSK, FDI, TRD, IMG, MGT : des dumps de disquettes (disk) (préférez le DSK).
  • TAP, TZX : des dumps de cassettes (tape) (préférez le TZX).
  • Z80 : une “image mémoire” du jeu (le format le plus courant).
  • De nombreux autres formats existent mais sont moins utilisés.

Source : Emulator File Formats (worldofspectrum.org)