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Broken Age

Broken Age est un jeu d’aventure de type point & click, à l’ancienne, créé par Tim Schafer, un vétéran des jeux du genre, qui a travaillé sur des classiques comme Monkey Island, Day of the Tentacle, Full Throttle ou Grim Fandango.

Le jeu a la particularité de nous faire jouer deux histoires parallèles.
D’un côté, nous dirigeons Vella, une pâtissière d’un petit village de pâtissiers, destinée à être sacrifiée à un monstre pour sauver ledit village, et qui va se rebeller contre cet état de fait.
D’un autre côté, nous dirigeons Shay, “capitaine” d’un vaisseau spatial, qui est cantonné par ses ordinateurs de bord à en faire le moins possible, et surtout pas d’activités dangereuses, et qui souhaite se libérer de cette prison ouatée.

On peut basculer d’un scénario à l’autre à n’importe quel moment, même si c’est inutile avant un certain point dans l’aventure. Il est tout de même agréable de pouvoir changer d’air lorsque l’on bloque un peu sur une énigme.
A partir d’environ la moitié ou les 2/3 du jeu, les scénarios se croisent, et il faudra réellement alterner entre les deux personnages, en trouvant des indices d’un côté pour résoudre des énigmes de l’autre. C’est assez original et pas mal fait du tout.

Impossible d’en raconter plus sans spoiler, mais l’histoire est assez intéressante, le monde bien pensé et assez original. C’est parfois un peu mollasson sur la première partie, mais ça devient très sympathique une fois les deux scénarios croisés.
Le ton général du jeu est assez léger et humoristique, il y a quelques traits d’humour bien trouvés, les personnages sont attachants, bref, niveau écriture et scénario, c’est globalement du tout bon.

Niveau gameplay, Broken Age est dans le classique du point & click, avec des dialogues qui donnent des indices ou indications, des objets à trouver, assembler et utiliser, et des séquences d’actions à exécuter dans un ordre précis.
Globalement, et contrairement aux jeux Lucas Arts de la “grande époque”, il n’y a pas trop d’énigme tirée par les cheveux, et ça reste globalement assez logique. De plus, lorsque le jeu pense qu’on galère un peu sur une énigme, un dialogue supplémentaire nous donne souvent un indice, du type “j’espère que l’ordre n’est pas important !” quand on fait le bon schéma, mais dans le désordre, pour la 3e fois.
J’ai personnellement dû aller voir une solution à plusieurs reprises pour certaines énigmes, j’aurais sans doute fini par trouver certaines en fouillant un peu plus, mais quelques-unes m’ont semblé un peu tordues. Les possibilités d’interaction sont loin d’être infinies, et essayer un peu tout aurait sans doute fini par passer.

Broken Age demande de retenir et d’observer énormément de choses : que ce soient des dialogues qui donnent un indice sur une possible interaction, des images en arrière-plan qui donnent une indication sur un puzzle ultérieur, des objets inutilisables dans une pièce qui deviendront essentiels plus tard, etc.
Sur la fin du jeu, les puzzles demandent de prendre des notes obligatoirement (vous avez bien un moyen d’écrire du texte sur votre smartphone ?) car il y a des choses à retenir et déduire qui sont impossibles à mémoriser.

Le style graphique est un peu particulier. Tout est dessiné à la main, c’est très joli et bien détaillé. Mais niveau animation, c’est souvent assez basique, et parfois à peine mieux qu’un jeu Flash. On s’y habitue, et ce n’est pas très important, mais les premières minutes font un drôle d’effet.

Niveau sonore, l’intégralité des dialogues sont (très bien) doublés en anglais, et sous-titré en français.
Les musiques sont sympathiques, mais pas inoubliables. Dans la bonne moyenne.

Une note sur la version Switch, le jeu se joue de manière plus pratique au tactile qu’au pad. Ce n’est pas injouable au pad, mais ce n’est pas toujours très optimisé. Il est possible de basculer d’un mode à l’autre à n’importe quel moment : il suffit de toucher l’écran pour passer en tactile, et de toucher un bouton ou un stick pour passer en pad. C’est très pratique et ça permet de s’adapter à notre humeur du moment.

Côté technique, il est à noter (toujours sur Switch) des chargements de quelques secondes entre les écrans. Ce n’est pas grand-chose, 5 secondes par-ci par-là, mais certains passages demandent de faire plusieurs allers-retours, et les chargements peuvent devenir assez pénible à ces moments-là. Heureusement, ça n’est pas la majorité du temps.

Enfin, le jeu dure environ 8h, ce qui est une bonne durée pour un jeu de ce type.

Bref, un jeu d’aventure à l’ancienne fort sympathique même si pas révolutionnaire, qui a réussi à sortir du carcan des énigmes obtuses, pour nous faire réfléchir sans se cogner la tête sur les murs, avec une histoire agréable à suivre.

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