Hotshot Racing

Hotshot Racing est un jeu de course arcade à l’ancienne, un hommage aux classiques des années 90, particulièrement ceux de chez Sega : on y retrouve notamment des références à Virtua Racing, Daytona USA, Scud Race… mais ne vous excitez pas trop vite.

Comme chez ses vénérables ancêtres, la conduite de Hotshot Racing est très simple à prendre en main, et assez orientée drift : tout en maintenant l’accélérateur, un léger coup de frein en entrée de virage fait partir la voiture sur le côté, et on cherche simplement à maintenir son angle de dérapage tout au long du virage, ce qui ne fait pas perdre de vitesse, et sans chercher à optimiser ses trajectoires, tout en faisant monter sa jauge de turbo. La conduite est agréable, et on ressent correctement le poids des voitures, qui ne sont pas des caisses à savon. Le gameplay est maîtrisé, mais il est aussi extrêmement classique et sans aucune surprise : si vous avez déjà joué à un jeu de course arcade, vous rentrerez dans le jeu comme dans des vieilles pantoufles.

Les 16 circuits sont assez variés en style malgré les seulement 4 environnements et la réutilisation massive d’éléments du décor, mais les tracés ne sont vraiment pas passionnants : ils sont tous très plats, très larges, avec beaucoup de virages rapides, quasiment aucun passage un peu technique comme des virages serrés ou des chicanes, et le résultat, c’est que le pilotage est assez ennuyeux et n’a pas beaucoup d’intérêt. Avec ce mélange de conduite un peu trop facile et de circuits monotones, le seul challenge de Hotshot Racing vient de ses adversaires, et là, on est servi : l’IA est élastique (elle nous rattrape quand on est devant, elle nous attend quand on est derrière), elle nous ignore totalement, et nous rentre dedans en permanence, sans aucun scrupule. C’est très vite énervant, surtout quand elle nous fait faire un tête à queue dans la dernière section du dernier tour, d’autant plus que le jeu n’a pas de mécanique pour nous conserver “en avant” et l’on a vite fait d’être face au mur sans pouvoir avancer, à devoir faire une marche arrière.

Le contenu de Hotshot Racing est assez vaste pour un jeu du genre : 6 modes de jeu (grand prix, arcade, time attack, endurance, policiers et voleurs, en ligne), presque tous jouables à 4 en écran splitté, 16 circuits, 8 pilotes personnalisables qui ont chacun 4 voitures elles aussi personnalisables, et inspirées de voitures réelles. Celles-ci sont réparties en 4 types pour chaque personnage : une équilibrée, une vitesse, une accélération, et une drift. Ca serait intéressant… si les voitures n’avaient pas toutes exactement le même comportement et la même conduite. Ce n’est du remplissage, la différence n’est que cosmétique, et j’aurais largement préféré une sélection plus restreinte, mais avec des différences plus marquées.

Le jeu est très propre visuellement, avec un style low poly très travaillé qui lui donne un style particulier, plein de détails, parfois tirés des jeux Sega (la fête foraine de Virtua Racing ou le tunnel sous-marin de Scud Race), ainsi que des petites animations rigolotes en arrière-plan. Il y a une tentative de donner une personnalité aux personnages, avec des petites scénettes pour chacun en mode grand prix, mais ils sont tellement clichés et convenus que je me demande à quoi ça sert : c’est trop présent pour être ignoré, et pas assez poussé pour être intéressant. Le jeu est parfaitement fluide(sur Switch en mode portable) à l’exception de quelques micro-ralentissements à certains endroits spécifiques de certains circuits. Enfin, les musiques et les bruitages sont corrects, mais pas vraiment mémorables.

Hotshot Racing est un jeu très bien réalisé et maîtrisé, mais aussi extrêmement convenu. Avec une conduite simple, des circuits aux tracés ennuyeux, et une IA infernale, il saura faire plaisir aux joueurs en recherche de sensations classiques, mais oubliez-le si vous cherchez de l’originalité.