Jet Lancer

Mise à jour 30/11/2020 : grosse modification du test suite à l’arrivée du mode arcade, qui transforme le jeu.


Jet Lancer est un shmup à 360°, dans la veine de Time Pilot, et très fortement inspiré par Luftrausers : on peut se déplacer librement, et tirer dans n’importe quelle direction avec une gestion de l’inertie et de l’accélération.

Contrairement à la majorité des shmups, les contrôles de Jet Lancer sont nombreux et complexes : direction, accélération, boost, tir principal, tir secondaire, tir chargé, esquive… On arrive assez rapidement à effectuer les actions de base, mais les contrôles ont une profondeur rarement vue dans ce genre de jeu : par exemple, en jouant avec l’accélération et le boost, on peut faire du sur-place ou voler le nez en arrière. Jet Lancer rajoute en plus un système d’améliorations à débloquer, qui permettent de modifier l’armement et la maniabilité : par exemple, un des canons disponibles est extrêmement puissant mais fait reculer l’avion ; il est également possible de personnaliser la réactivité, l’accélération et l’esquive du jet. Le tout fait que la courbe d’apprentissage est énorme, mais qu’il est possible de faire des actions avancées extrêmement complexes, et de véritablement « danser » dans les airs… si vous arrivez à jongler entre les différentes actions, qui demandent une excellente coordination.

En plus de cette maniabilité complexe, Jet Lancer devient difficile assez rapidement, avec des ennemis qui arrivent de partout, de nombreux types d’ennemis (parfois difficiles à distinguer) qui se complètent pour se protéger les uns les autres, et des tirs et des missiles qui arrivent de partout : on est parfois submergé jusqu’à ne plus comprendre ce qui se passe, et il devient particulièrement difficile de jongler avec les contrôles tout en essayant de déchiffrer ce qui se passe à l’écran. Heureusement, il existe des options d’accessibilité pour diviser les dégâts par deux ou même se rendre invincible, activables même en pleine partie, mais j’aurais préféré de véritables niveaux de difficulté progressifs qui réduisent le nombre d’ennemis ou de tirs : être « obligé » d’activer le mode invincible pour passer certaines missions particulièrement ardues et pouvoir progresser rend l’intérêt du jeu assez faible.

Jet Lancer débute par un mode histoire, qui propose une succession de presque 40 missions plus ou moins longues et aux objectifs variés avec quelques boss plutôt intéressants, le tout enrobé d’un scénario inintéressant, de personnages clichés, de cinématiques et de dialogues heureusement assez drôles, et surtout, avec un menu très fastidieux pour changer de missions (on navigue lentement sur une carte jusqu’au point suivant). Le problème, c’est que cette construction par missions entrecoupées de très longs temps morts ne colle pas du tout au jeu, car ce rythme haché ne permet pas de « rentrer dans la zone », cet état de concentration où les mouvements deviennent instinctifs. Le résultat, c’est qu’on n’a pas la motivation de s’améliorer et d’aller le plus loin possible, et on cherche uniquement à passer la mission en cours, en activant rapidement le mode invincible, quitte à le désactiver sur la mission d’après.

Heureusement, ce mode se termine assez rapidement, et après 21 missions, on débloque un mode arcade qui transforme le jeu. On choisit l’un des quatre personnages déblocables, et on enchaîne les vagues d’ennemis semi-aléatoires et de double boss, en choisissant une amélioration de temps à autre : ce rythme bien plus soutenu permet de réellement rester concentré et de rester « dans la zone », et on prend beaucoup de plaisir à faire virevolter l’avion dans tous les sens en essayant d’aller toujours un peu plus loin à chaque essai, comme dans un vrai jeu d’arcade. Le jeu prend toute sa dimension dans ce mode, qui rend enfin honneur au gameplay en lui permettant de s’exprimer pleinement ; c’est à se demander pourquoi il n’est pas disponible dès le début, et pourquoi on doit subir ce mode histoire fastidieux avant de pouvoir réellement profiter du gameplay.

Esthétiquement, Jet Lancer est très joli dans un style épuré, parfaitement fluide, et il n’y a quasiment aucun temps de chargement ; en revanche, les décors sont un peu répétitifs en mode histoire (moins en mode arcade). La musique est très bonne, mais parfois un peu répétitive elle aussi.

Dans les défauts un peu plus généraux, je noterai aussi le manque de clarté sur les objectifs : par exemple, il y a plusieurs missions « à score », mais rien ne nous dit ce qui fait du score ; les traductions sont également parfois un peu hasardeuses : « détruisez les vaisseaux » demande en réalité de détruire les navires.

Jet Lancer est un shmup extrêmement complexe et profond, difficile à prendre en main mais jouissif une fois maîtrisé. Le mode scénarisé est plus frustrant qu’autre chose ; le jeu prend toute sa mesure en mode arcade.