Earthlock: Festival of Magic

Earthlock est un JRPG occidental indépendant inspiré par les classiques de l’ère PS1/PS2.

C’est donc un RPG totalement linéaire, avec des combats au tour par tour, une carte du monde à explorer ponctuée de donjons, quelques quêtes annexes de type fetch quest, et la possibilité de modifier les personnages dans une certaine mesure.

Les combats sont très classiques, avec un système de points d’actions qui se rechargent lorsque l’on ne fait rien ; rien de spécial à signaler de ce côté. La modification des personnages est aussi assez banale, avec des personnages aux classes fixées et une grille à remplir de cartes trouvées ou fabriquées, et des relations entre personnages à améliorer en les faisant combattre côte à côte.

Le monde de Earthlock est à la fois très banal, avec des grands anciens méchants mais disparus et une catastrophe magique, et vaguement original, avec des animaux humanoïdes. Le tout donne une histoire pas très passionnante, en plus d’avoir très peu d’enjeux : après une petite dizaine d’heures de jeu, je ne me rappelle même plus pourquoi je me balade dans le monde, et j’avance de point d’intérêt en point d’intérêt sans fil conducteur marquant.

Les graphismes et les musiques sont à l’avenant du reste : corrects sans plus, sans rien de spécial. Les traductions françaises sont en revanche assez catastrophiques, et semblent être traduites par un outil automatique, avec énormément d’erreurs et de contresens.

Si le jeu était banal mais bien réalisé, j’aurais pu le recommander, mais son rythme soporifique casse tout.

Earthlock a en effet de gros pics de difficulté réguliers, notamment sur les boss : ce n’est pas très étonnant, et ce n’est pas une mauvaise chose en soi : il suffit de grinder pour prendre quelques niveaux, et bien souvent, il faut adapter sa stratégie et utiliser des techniques spécifiques pour réussir à les vaincre ; on notera d’ailleurs avec plaisir que le jeu nous donne des indices lorsque l’on perd contre un boss.

En revanche, le jeu est extrêmement mal équilibré : les ennemis donnent très peu d’XP et gagner le moindre niveau prend des heures ; les potions rendent un pourcentage ridicule de vie alors qu’elles coûtent une fortune ; les points de sauvegarde ne restaurent pas la vie (alors qu’il est possible de se téléporter chez soi pour se reposer) ; le crafting nécessite des dizaines d’ingrédients pour fabriquer le moindre petit truc… C’est l’enfer, on progresse à un rythme d’escargot, on fait des milliers d’allers-retours, et globalement, en combinaison avec le manque d’intérêt de l’histoire, on s’emmerde pas mal, et après quelques heures, le jeu finit par nous tomber des mains sans nous donner aucune raison de revenir.

Earthlock est un peu trop fidèle à ses inspirations rétro, et manque clairement d’originalité. Mais c’est surtout son rythme soporifique et son gros manque d’équilibrage qui auront eu raison de moi.