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Forager

Forager est un jeu de farming, crafting, et d’action, avec très exactement zéro histoire ou contexte : on va commencer sur une toute petite île, vide excepté quelques arbres à couper et quelques rochers à miner, et construire progressivement un gigantesque réseau de fabrication d’objets.

Le début est un peu lent et flou : sans aucun objectif ni instruction, on va acquérir les ressources (qui réapparaissent toutes seules) une par une, fabriquer quelques objets et constructions, et essayer tant bien que mal d’obtenir quelques pièces pour acheter les terrains avoisinants, sans trop comprendre ce qu’on fait ni pourquoi.

Petit à petit, on va débloquer puis construire de plus en plus de fabriques : une fonderie, une forge, un atelier, etc. Chaque structure nous permet de fabriquer d’autres objets, qui nous permettent de débloquer d’autres choses ou d’accélérer la production, et le jeu devient progressivement une course à l’optimisation et à la complétion : on automatise le plus de tâches possible ; on cherche tantôt à accélérer la récolte de ressources, tantôt la production d’objets, tantôt la production d’argent ; on fait le tour de la carte le plus vite possible pour récolter les matières premières ; et, sans manuel, on cherche à comprendre à quoi sert chaque construction, et comment les optimiser.

A cause du manque d’objectif et d’aides, on est obligé de mémoriser ce qu’on veut faire, et on ne suit jamais une liste définie. Et comme produire quelque chose nécessite toujours plusieurs étapes, et qu’on fait toujours plusieurs choses en même temps, on a vite fait de se dire “allez je crafte juste cet objet et je vais me coucher”, et ne jamais réussir à s’arrêter.

Contrairement à beaucoup de jeux de farming “zen”, Forager est extrêmement nerveux : on va et débloquer des choses qui permettent d’accélérer un peu tous les aspects du jeu : récolte, fabrication, vitesse de déplacement, etc. On monte progressivement en puissance et en efficacité jusqu’à zigzaguer à toute allure sur la carte, massacrer en une seconde tous les ennemis qui nous donnaient du fil à retordre quelques heures avant, et écouter le très satisfaisant tching-tching-tching des dizaines de ressources récoltées ou fabriquées à la seconde. En théorie, on peut planter des graines pour faire pousser diverses plantes, mais le rythme effréné ne se prête pas tellement à passer du temps à planter des graines une par une.

Le résultat de cette nervosité est que la fin du jeu n’est pas du tout “grindy”, et à condition d’optimiser un peu sa production, ce qui demande un peu de réflexion, on ne sent pas du tout ralenti dans sa progression… du moins jusqu’à débloquer le dernier atelier d’objets magiques, qui demande beaucoup de ressources très rares et difficiles à acquérir car très aléatoires. Ceux qui voudront le 100% y passeront encore quelques heures, mais la plupart s’arrêteront là, après 10 à 20h de jeu.

Forager ne se contente pas de vous demander de farmer et de crafter, et dans les 5 environnements disponibles, vous trouverez des PNJ qui vous demanderont des ressources pour vous fournir un objet, des puzzles, et même des donjons à la Zelda, plutôt bien faits, avec des salles, des ennemis, des puzzles, un item, et un boss, malheureusement aussi intéressants que de farmer un gros rocher.
A noter que les quelques PNJ rencontrés ont des dialogues avec beaucoup d’humour, et sont parfois vraiment drôles.

Dans les défauts, on pourra tout de même relever un manque de précision dans les frappes, qui fait qu’on galère parfois à récolter une ressource spécifique, qu’on détruit de temps en temps une installation sans le vouloir, et bon courage pour détruire un ensemble de ponts. Heureusement, il y a un verrouillage automatique sur les ennemis à portée.
Les combats sont d’ailleurs extrêmement basiques, avec des ennemis qui ne bougent pas beaucoup, et on se contente de rester à côté avec le bouton de frappe appuyé.
Enfin, le système d’énergie limitée n’est pas très utile : passé les premières heures de jeu où il faut surveiller la jauge, on se contente d’avoir toujours quelque chose à manger sur soi, et aller dans l’inventaire de temps en temps. Ça n’introduit aucune stratégie, contrairement aux jeux similaires où il faut aller se coucher sous peine d’épuisement et de perte de temps, et ça ne fait que hacher le rythme.

Techniquement, Forager est plutôt joli, même si assez simple et minimaliste. Il est aussi très fluide (Switch portable), même avec des dizaines de ressources, usines et récolteurs qui fabriquent des objets en permanence, excepté le donjon de glace, qui a des ralentissements extrêmes à la limite de l’injouable, mais c’est le seul moment problématique.

Bref, un excellent jeu, extrêmement addictif.

Nota : jeu offert par @NindieSpotlight sur Twitter – indépendamment de ça, suivez leur compte, il est bien cool : https://twitter.com/NindieSpotlight

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