Omensight: Definitive Edition

Omensight est un jeu d’aventure/action, orienté beat’em up/hack & slash, et saupoudré d’enquête et de mystère.

Dans ce monde peuplé d’animaux anthropomorphiques qui se font la guerre, une prêtresse a été assassinée, et une série d’événements déclenche la fin du monde, qui finira dévoré par un serpent géant.

On y incarne la messagère des dieux, chargée de comprendre qui a assassiné la prêtresse, mais qui arrive trop tard pour empêcher l’apocalypse. Une sorcière nous permettra de remonter dans le temps, et de revivre la dernière journée du monde encore et encore, en accompagnant l’un des quatre personnages principaux, jusqu’à résoudre le meurtre.

On ne va pas se contenter de revivre la même chose en boucle, et on va pouvoir influencer le cours des événements de trois manières : en déverrouillant les sceaux sur les portes, pour ouvrir de nouveaux chemins ; en choisissant parfois d’aider ou d’attaquer certains personnages ; et en montrant des “visions” (les fameux omensights) aux personnages pour influencer leurs actions.

Au niveau de la structure, chaque journée passée est très similaire aux autres, et consiste en une série de combats entrecoupés de passages de plateforme et exploration. Les situations sont assez variées, les ennemis deviennent de plus en plus forts (ce qui n’est pas très logique d’ailleurs), et les environnements évoluent parfois dramatiquement (graphiquement, du moins), ce qui limite l’impression de refaire la même chose à chaque fois, mais c’est tout juste.

L’histoire est très intéressante, pleine de rebondissements souvent imprévisibles, on ne sait jamais qui est le grand méchant, les actions et les motivations des personnages sont dévoilées petit à petit, ceux-ci sont bien écrits et sont intégralement doublés (en anglais), et des souvenirs cachés dans des endroits secrets permettent d’en apprendre plus sur le monde ; bref, c’est vraiment du tout bon de ce côté là.

Côté gameplay, c’est très majoritairement du beat’em up/hack & slash, de réalisation classique mais de bonne facture, avec des frappes qui manquent un peu de punch mais des combats bien nerveux, avec un bon “flow”. On a un coup rapide, un coup puissant, une esquive, et quatre capacités secondaires, en plus de la capacité spéciale du personnage qui nous accompagne. Le tout se débloque progressivement au fil de nos montées de niveaux, ce qui permet de s’y habituer, et tant mieux, car une fois que tout est disponible, le gameplay devient assez complexe, mais heureusement pas obligatoire pour finir le jeu.

En revanche, contrairement à ce que peut laisser penser la description du jeu, la partie “enquête” est très basique, voire inexistante. On va choisir un personnage, le suivre durant la journée, parfois prendre une décision ou ouvrir une porte verrouillée, et continuer de le suivre jusqu’à débloquer une nouvelle possibilité, ou essayer avec un autre personnage, en prenant en compte les indices entendus lors des dialogues. Il faut trouver la manière de progresser, mais “bruteforcer” toutes les possibilités fait aussi très bien l’affaire.

Je voudrais d’ailleurs insister là-dessus. Omensight permet à n’importe quel moment de régler la difficulté du jeu séparément entre les combats et l’enquête. C’est une très bonne idée, et ça permet à chacun de personnaliser un peu son expérience, d’autant plus que les combats finissent par être assez tendus.

Mais malheureusement, le réglage de la difficulté de l’enquête ne change pas grand-chose, en pratique. En mode “guidé”, on a accès à un tableau récapitulatif de tout ce que l’on a appris, et la sorcière nous pointe du doigt ce que l’on devrait faire par la suite. Mais en revanche, même en mode “détective légendaire”, lorsque l’on choisit un personnage, le jeu nous informe si on a déjà accédé à tous les indices de cette timeline, et nous permet de reprendre directement à l’embranchement si il y en a un. C’est très pratique et ça permet de gagner beaucoup de temps, mais ça aide beaucoup trop. Il aurait été intéressant d’avoir un mode qui ne nous dit rien du tout.

Graphiquement, Omensight a un style graphique très marqué, en low-poly mélange de pastels et de couleurs fluo, qui est très sympathique. Les environnements et les ambiances sont assez variées, en plus d’évoluer au cours de l’aventure.
Les musiques sont assez variables, certaines sont très banales et d’autres sont excellentes. On notera que les personnages commentent parfois nos actions, si on fait beaucoup de roulades ou de sauts, par exemple.

Mais Omensight a trop de problèmes sur Switch. La résolution est un peu basse et le framerate pas toujours stable, mais ce n’est pas très gênant. Les chargements sont très fréquents et parfois un peu longs, ça casse le rythme, mais ça ne casse pas le jeu.
Non, le problème, c’est le manque total de stabilité : chaque retour à l’accueil, et chaque mise en veille de la console fait planter le jeu. Pour un jeu sur console portable, c’est extrêmement gênant, et ça casse complètement un intérêt majeur de la console, qui est de pouvoir arrêter et reprendre une partie instantanément. Ce simple problème me faire retirer un point de la note.

Omensight est un très bon jeu d’aventure/action, avec une très bonne histoire et des séquences d’action correctes, mais complètement plombé par sa stabilité sur Switch : à faire, mais sur une autre plateforme.