Manticore: Galaxy on Fire

Manticore Galaxy on Fire est une “simulation spatiale” mais orientée “arcade”. On va donc descendre des pirates de l’espace tout en zigzagant dans des champs d’astéroïdes et des stations spatiales.

Les missions sont de plusieurs types : attaque, défense, escorte, etc. Même si la structure est généralement la même, avec des ennemis lambda à détruire suivis par un boss, on a rarement l’impression de faire toujours la même chose, d’autant plus que les objectifs, les moyens, les situations et les environnements changent sans arrêt.
A la fin de chaque mission, on aura la possibilité d’explorer le décor pour trouver des entrées de codex et des pièces de vaisseau rare, mais c’est totalement facultatif, et heureusement parce que c’est assez ennuyeux.

Ces décors, d’ailleurs, sont très variés, avec de beaux panoramas, et toujours remplis de structures à naviguer : champ d’astéroïdes, station spatiale en fonctionnement ou détruite, de divers styles et origines, plus ou moins étendues, etc. Il arrive que l’on fasse plusieurs missions sur la même carte, et certaines se ressemblent un peu, mais c’est assez rare, et dans l’ensemble, le jeu réussit à éviter la répétitivité à ce niveau.

Manticore a une histoire très présente, avec doublage VO complet et sous-titres FR (les textes sont bourrés de fautes grossières, d’ailleurs) qui raconte une histoire classique de space opera, mais bien écrite, de trahison et de vengeance. Au début du jeu, une planète naine explose, tuant tout le monde sur la station spatiale proche, et on va chercher et éliminer les coupables au long des 3 actes que comporte le jeu. Le style d’écriture s’inspire fortement de la trilogie originale de Star Wars, en alternant les dialogues dramatiques, héroïques et comiques, avec notamment une IA qui se fout sans arrêt de notre tronche, avec quelques piques réellement drôles. On regrettera simplement l’histoire qui est intéressante au début et pleine de rebondissements (prévisibles certes), mais qui se termine face à une caricature de “je suis méchant parce que je suis méchant”.

Au niveau gameplay, c’est du très classique. Un tir principal, un tir secondaire, des missiles, et une “technique” : décharge IEM, surcharge des boucliers ennemis, etc. C’est assez efficace, mais on pourra déplorer un léger manque de profondeur, qui se ressent sur la fin du jeu. Outre les quelques manques comme le radar ou le verrou de cible, on ne peut pas donner d’ordre aux ailiers, il n’y a pas besoin de gérer les sources d’énergie, etc. On est plus dans le shooter arcade et pas prise de tête, mais un peu plus de complexité n’aurait pas été de trop.

Le plus gros manque de Manticore par rapport aux meilleures space sim, ce sont les combats entre gros vaisseaux. Je me rappellerai toujours dans Freespace 2, ce moment où, après que l’on ait désactivé les boucliers et tourelles d’un gigantesque croiseur ennemi, un allié le découpe en deux d’un coup de laser monstrueux. Ça m’avait vraiment donné le sentiment d’être un soldat, certes important mais pas tout puissant, au milieu d’une bataille entre titans. Pas de ça ici : notre petit vaisseau monoplace est manifestement le plus puissant de la galaxie, et il est même capable d’abattre des vaisseaux bien plus gros en quelques coups. C’est une belle opportunité manquée.

Cela dit, les dogfights sont quand même très sympathiques : on n’est jamais au milieu du vide, et on doit toujours se faufiler quelque part pour combattre : port avec containers, station spatiale, champ d’astéroïdes, station minière… Les ennemis de base sont très similaires, mais les boss demandent parfois d’adapter notre stratégie.

Manticore a aussi un peu de variété dans les armements. 9 vaisseaux, une arme principale et une secondaire, 3 types d’armes et 3 portées chacune, des missiles, et j’en passe. Il est donc possible de configurer son armement selon ses préférences, même si soyons honnêtes, à part les chiffres (boucliers, boost, etc) je n’ai pas vu de différence notable de comportement. Des changements plus radicaux auraient été bienvenus. Il n’est pas non plus possible de personnaliser les vaisseaux avec de la peinture ou une skin ; c’est vraiment bête, ça ne coûte pas grand chose et c’est tout de suite plus impliquant que “choisir le vaisseau avec les meilleurs stats”.

Manticore est un portage de jeu “free to play” mobile, et soyons clairs : il a été parfaitement rééquilibré pour sa sortie sur Switch. Il n’y a aucune trace de microtransaction, il n’y a pas besoin de grinder (sauf si on veut tous les vaisseaux améliorés à 100%), et rien ne donne l’impression qu’il y a un “trou” en forme de lootbox. Aucun souci de ce côté là, donc.

Côté technique, c’est très propre et plutôt joli sans casser des briques, et, portage mobile oblige, ça s’adapte bien à la relativement faible puissance de la Switch, et atistiquement c’est très joli, avec de beaux fonds. On peut déplorer des explosions pitoyables, avec des vaisseaux ennemis, parfois énormes, qui disparaissent “pouf” comme par magie. C’est globalement très fluide, mais j’ai subi quelques ralentissements assez inexplicables. Les temps de chargement sont en dent de scie : certains mettent plus de 30s et d’autres à peine 10. C’est compensé par la présence de texte de briefing qui permet de donner l’illusion que le temps passe plus vite. C’est malin.
J’ai également pu constater quelques rares bugs, comme un ennemi détruit qui reste sur la carte mais inactif, ou des vaisseaux qui apparaissent à l’intérieur d’astéroïdes. Rien de bloquant et rien de grave, mais ça fait tache. Les bruitages et les musiques sont corrects sans casser des briques.

Manticore Galaxy On Fire est un space shooter classique mais bien réalisé, et qui vous fera passer un bon moment.