Koral

Koral est un croisement de jeu vidéo de puzzle, et de documentaire sur la vie sous-marine.

On va donc balader une sorte de curseur sur un plan 2D, récupérer des trucs, et les amener ailleurs, pour reconstruire un récif de corail. De temps en temps, on va tomber sur un petit texte qui nous explique un détail du fonctionnement de l’océan et de l’impact des actions humaines. Les messages sont assez écolos bien sûr, et couvrent plusieurs sujets : la pêche destructrice, le réchauffement climatique, la pollution, etc.

Niveau gameplay, Koral ne vole (ou ne nage ?) pas bien haut. On entre dans une zone délimitée, dans laquelle on se promène d’un bout à l’autre, on active des leviers dans le bon ordre, et on déplace des courants, pour obtenir assez de “lumière rouge” pour “réactiver” certaines parties du récif de corail. Globalement c’est assez répétitif, avec surtout des variations sur un même thème sans vraies nouveautés de gameplay, et on fait beaucoup d’allers-retours, en subissant une maniabilité franchement mauvaise.

En effet, le “curseur” que l’on dirige, qui est probablement censé être un courant marin, a une maniabilité de semi-remorque : il est lent, sans moyen d’accélérer, et tourne avec beaucoup d’inertie. Les puzzles de la fin du jeu nécessitent de faire des actions en temps limité, et cette maniabilité rend certains passages, pourtant pas très complexes, bien pénibles. Heureusement, ces passages sont assez rares, mais le manque d’intérêt général des puzzles en fera certainement décrocher plus d’un à ces moments-là.

Sur l’aspect documentaire, Koral est relativement intéressant mais pas assez profond (un comble pour un jeu sur les fonds sous-marins). Les messages que l’on rencontre sont très courts (2 ou 3 phrases tout au plus), relativement peu nombreux, facultatifs, et surtout, souvent cachés ou bloqués derrière un puzzle.

C’est ce dernier aspect, de “réserver” cette partie documentaire aux seules personnes qui auront le courage de passer du temps à explorer, qui me semble totalement absurde, car le message écolo passera ainsi par-dessus la tête de nombreux joueurs. Afficher le message pour tout le monde, mais “cacher” autre chose (un artwork par exemple) aurait été bien plus pertinent, et plus motivant.

Par ailleurs, les puzzles sont totalement décorrelés des messages et de l’environnement, c’est une belle occasion manquée. On change régulièrement d’environnement graphique et de problème discuté, mais jamais d’objectif ou de type de puzzle, on va toujours activer des leviers et dévier des courants pour casser des barrières de pollution. On ne va pas sauver des poissons dans le chapitre de la pêche intensive, on ne va pas dépolluer dans le chapitre sur la pollution, on ne va pas explorer dans le chapitre sur le manque de connaissance des grands fonds. On continue d’activer des leviers et de dévier des courants.

Globalement, Koral a le cul entre deux chaises, à la fois jeu vidéo moyen et documentaire moyen. Le côté jeu vidéo donne parfois envie d’arrêter le jeu, et le côté documentaire n’est pas assez motivant pour continuer.

Techniquement, c’est plutôt joli, avec une identité graphique assez marquée, et parfois de belles scènes.
La musique est pas mal, mais les bruitages peuvent parfois taper un peu sur les nerfs.

Koral est un mélange de puzzle et de documentaire qui n’a aucun de ces deux aspect assez abouti pour être vraiment recommandable.