Sayonara Wild Hearts

Sayonara Wild Hearts est décrit par son éditeur comme un “un rêve vidéo musical euphorique”. Cette description dont on ne sait pas trop quoi faire résume pourtant assez bien le jeu : c’est un peu psychédélique, fluo, électro-pop, à l’esthétique “low poly”, dans lequel on court, on fait du skate, on fait de la moto, on vole, on saute, on se bat contre des types masqués, on surfe dans l’espace, on chevauche un cerf, on tire sur des robots… et ça, ce sont seulement les premiers niveaux.

Le gameplay est très simple : c’est un “auto-runner” où l’on se contente d’aller de droite à gauche pour collecter les coeurs ; et parfois, il faut appuyer sur un bouton au bon moment. Ce concept extrêmement basique change pourtant sans arrêt de contexte, et on va passer d’une course dans des ruelles, à un slalom entre les arbres d’une forêt, un vol dans l’espace, etc.

Les niveaux de Sayonara Wild Hearts forment des “actes”, et oscillent entre le très simple et très court pour les introductions, et le plutôt complexes pour les conclusions. Ils ont ainsi une certaine continuité, et il est d’autant plus regrettable qu’on ne les fasse qu’un par un, en revenant au menu à chaque fois, et sans pouvoir les enchaîner, à moins de passer des heures à les apprendre par cœur pour obtenir l’or sur chacun.

La musique, de type électro/pop assez “chill”, et prépondérante dans l’expérience du jeu, est cependant totalement secondaire au gameplay, car on n’a rien besoin de faire en rythme, qui est de toute façon très peu marqué.

Sayonara Wild Hearts raconte une histoire totalement décousue, qui introduit du tarot et des dieux anciens, des histoires d’amour, des super-héros et méchants masqués, des course-poursuites, des loups mécaniques, des épées géantes… Tout est totalement délirant en permanence, l’action change sans cesse, la caméra tourne dans tous les sens, et on se perd dans les possibles interprétations de l’histoire, qui seront certainement différentes pour chacun.

Le jeu est très court, et se termine en à peine 1h si on se borne à compléter les niveaux ; c’est un jeu à faire et refaire pour le compléter et tout débloquer. La difficulté est d’ailleurs totalement inexistante : si on se crash dans un mur, on recommence au précédent checkpoint sans pénalité, et si on perd trop souvent sur la même section, le jeu propose de sauter le passage, ce qui est un gros plus pour l’accessibilité du titre, surtout au vu des contrôles parfois un peu flous et imprécis. Quelques énigmes cryptiques servent d’objectifs pour les succès/trophées du jeu.

Sayonara Wild Hearts est un ovni, un jeu au concept très simple mais à la réalisation stupéfiante, qui plaira aux amateurs “d’expériences sensorielles” uniques en leur genre ; ceux qui cherchent du gameplay ou de la durée de vie peuvent passer leur chemin.