Journey to the Savage Planet

Journey to the Savage Planet est un jeu très fortement inspiré par Metroid Prime : vue FPS, exploration d’une planète inconnue, scanner de formes de vies et artefacts, améliorations qui débloquent des zones ou boostent nos capacités… Tous les éléments de la formule sont présents, y compris les mystérieuses ruines alien qui ne semblent pas avoir leur place sur cette planète.

En revanche, contrairement à Metroid, la succession des biomes est très linéaire, et à l’exception de la troisième et dernière “zone”, il n’est pas nécessaire de revenir sur nos pas pour avancer, ou très peu. La progression est d’ailleurs bien balisée, avec une boussole qui indique l’objectif, les objets utilisables qui brillent, et généralement aucun problème pour trouver où aller. Dans la grande tradition des metroidvania, il est cependant très utile de fouiller et de revenir sur ses pas pour récupérer des améliorations de vie, de chercher des secrets, des passages alternatifs, et de remplir des objectifs secondaires qui permettent de débloquer des améliorations ; je conseille d’ailleurs fortement d’essayer d’améliorer le pistolet rapidement.

Les environnements de Journey to the Savage Planet sont très variés et travaillés, et les biomes étant assez petits, on passe sans arrêt d’un style à un autre : de la glace au désert, des arbres luxuriants aux champignons géants, etc. Chaque biome contient des animaux spécifiques, et d’autres qui reviennent, ce qui contribue à une vraie cohérence du design. La grande majorité du jeu demande de faire des petits puzzles, ou des passages de plateforme généralement très sympa ; mention spéciale aux succession de sauts avec le grappin et le jetpack, qui donnent de très bonnes sensations. Il y a aussi de temps en temps une “arène” avec quelques ennemis, ainsi qu’un boss à la fin de chaque zone, mais les combats sont finalement assez secondaires, et on se contente de dézinguer les quelques prédateurs rencontrés au détour d’un virage, et d’ignorer les herbivores qui se promènent.

Le jeu n’est pas foncièrement difficile, et les boss sont plutôt bien équilibrés, à part le boss de fin qui ne permet pas de revenir en arrière pour s’améliorer si l’on se trouve trop faible, et qui est un poil trop dépendant de l’aléatoire. Pour les hardcore gamers, un mode avec des vies limitées et un chrono est disponible dès le début. Il se termine en une dizaine d’heures lorsque l’on ne cherche pas tous les secrets, ni la “vraie fin”.

Jusqu’ici, Journey to the Savage Planet ressemble à un clone linéaire de Metroid Prime ; mais ce qui fait la force du jeu, et sa principale originalité, c’est son humour. L’IA, bien sadique, et doublée avec un accent québécois déjà drôle à lui tout seul quand on est français, sort des vannes en permanence, des commentaires acerbes sur les situations, et des répliques qui font mouche à tous les coups : des commentaires sur les coupures de budget qui ont mené à notre situation précaire, sur le danger de notre mission, sur notre (im)mortalité et nos chances de survie généralement très faibles, des incitation à la violence sur les animaux pacifiques et mignons, des descriptions absurdes de la faune et de la flore, etc. Evidemment, il faut accrocher au style, mais si vous êtes fan des 2 Minutes du Peuple, vous ne pourrez qu’aimer Journey to the Savage Planet.

Techniquement, sur Switch en mode portable, on sent que la console est au bout de sa vie : c’est un peu flou, ça rame de temps en temps, et il y a beaucoup de popping avec des modèles qui changent devant notre nez, voire des pans entiers de mur. Les ennemis qui bougent à 5fps au loin et passent à 30fps quand ils se rapprochent perturbent aussi pas mal. En revanche, artistiquement, c’est très chouette, avec beaucoup de variété et de travail, des couleurs bien flashy, et un style légèrement “cartoon” qui se prête très bien à la dégradation assez violente de la technique.

Outre la technique, le principal problème du jeu se situe dans ses contrôles : très mal réglés par défaut, ils sont à la fois trop lents et pas assez précis, et le verrouillage de cible est bien trop capricieux et pas assez généreux. Il vaut mieux passer du temps à les régler au début du jeu pour avoir le temps de s’y habituer. Un vrai point noir, qui n’est pas aidé par la fameuse imprécision des joycons, mais heureusement pas trop pénalisant car le rythme est plutôt lent en général… sauf pour les boss, forcément.

Les musiques sont correctes mais très rares ; en revanche, il y a une excellente ambiance sonore, très travaillée, avec des bruits d’animaux partout, on s’y croirait.

A noter que le jeu est faisable intégralement en coop, ce que je n’ai pas pu tester moi-même.

Artistiquement très joli, techniquement à la ramasse (sur Switch), avec un gameplay et un level design classiques mais efficaces, Journey to the Savage Planet se démarque surtout par son humour omniprésent et toujours drôle. Jetez-vous dessus si vous aimez Metroid Prime, et si vous avez le sens de l’humour.