Superbrothers: Sword & Sworcery

Superbrothers Sword & Sworcery est un jeu d’aventure de type point & click, ponctué de quelques combats.

Sword & Sworcery raconte l’histoire d’une femme guerrière dans l’empire Assyrien, qui vient pour, hum… on ne sait pas trop, en fait. Tout est très obscur, les personnages semblent savoir ce qui se passe mais ne nous expliquent rien, il se passe des choses étranges, on visite des rêves, on croise des créatures mystiques… C’est très intrigant, et ça pourrait nous faire rêver et voyager, mais le ton général des dialogues, très portés sur l’humour noir, l’inexistence totale du quatrième mur, et les références constantes au monde réel ou à d’autres jeux, font un mélange un peu bizarre : on a beaucoup de mal à prendre au sérieux le sort du personnage, et par conséquent, le jeu n’a pas vraiment d’impact émotionnel, alors qu’il avait un potentiel très fort.

Le gameplay de Sword & Sworcery est basé sur deux piliers : les énigmes et les combats. Les énigmes sont souvent à la fois basiques et tordues : je ne compte pas le nombre de fois où on se contente de cliquer sur les arbres ou les buissons dans le bon ordre, après avoir cliqué au hasard partout pour voir ce qui était interactif, la plus grosse difficulté étant donc de comprendre ce que l’on doit faire. Les combats, quand à eux, sont assez basiques : il suffit de bloquer ou esquiver les attaques, et de frapper au bon moment. Il n’y a globalement que deux types d’ennemis, et ces combats, heureusement très peu nombreux, tournent donc très vite en rond.

L’interface est un des vrais points noirs du jeu : totalement pensé pour le tactile ou la souris, il n’est vraiment pas pratique à la manette, avec un “curseur virtuel” à déplacer. Cliquer au bon endroit est parfois assez pénible, à cause des zones de clic minuscule, et de l’écran qui passe son temps à se déplacer tout seul. Les interactions sont également un peu pénibles : parfois il faut cliquer, parfois il faut maintenir, parfois il faut cliquer *puis* maintenir… Il arrive régulièrement que l’on comprenne ce que l’on doit faire, sans comprendre comment y arriver.

Les graphismes de Sword & Sworcery sont dans un pixel art très spécial : il y a très peu de couleurs et les personnages sont très basiques, mais en même temps, ça fourmille de détails : les animations sont variées, les buissons bougent quand on les touche ou qu’on les frappe avec l’épée, il y a de jolis reflets, des particules, et de très chouettes paysages. Le style ne plaira pas à tout le monde, mais dans le genre, il est très réussi.

Les musiques sont un autre point fort du jeu : parfois discrètes et parfois puissantes, parfaitement calées sur l’action, elles contribuent énormément à l’ambiance. N’hésitez pas à jouer au casque.

Sword & Sworcery est très court et se termine environ en 4h. A noter que le jeu, originaire du smarphone, est censé utiliser la date du smartphone et la phase réelle de la lune et se déroule donc sur un mois lunaire ; la Switch n’implémentant pas de géolocalisation, on ne peut pas jouer de cette manière, c’est un peu dommage.

L’histoire étrange et onirique, et l’expérience assez originale, font passer un bon moment, mais sans plus. En terme de “walking simulator”, il y a eu bien mieux dans le genre depuis, comme Oxenfree.