Yu-No: A Girl Who Chants Love At The Bound Of This World

Yu-No est un visual novel originellement sorti en 1996 sur PC-98 (un ordinateur 16 bits Japonais), et si vous connaissez un peu ce style de jeu sur ces machines et cette période, vous aurez immédiatement deviné que c’était un jeu porno, comme 99% de ses concurrents ; je vous laisse rechercher les captures sur Mobygames.

Cela dit, ce fan-service permanent (pour rester courtois) ne les empêchait pas d’avoir de véritables innovations en terme de gameplay, et en l’occurrence, Yu-No est le premier jeu du genre à intégrer un système d’embranchements extrêmement complexe, qui permet de remonter dans le temps pour visiter d’autres branches du scénario, ce qui est au cœur de l’histoire ; la plupart des visual novel à embranchement reprendront ce système par la suite (sans forcément l’intégrer à l’intrigue), car le public redemandera de cette complexité et non-linéarité. C’est donc un jeu assez fondateur et avec beaucoup d’influence, même si sa traduction très tardive (avec ce remake sorti en 2019) le rend assez confidentiel en-dehors du Japon. Cela étant dit, je ne connais pas du tout les visual novel, je suis donc bien incapable de le juger à l’aune de ce qui se fait aujourd’hui.

Le scénario, donc, tourne autour d’un jeune homme, Takuya, dont le père est disparu dans de mystérieuses circonstances en faisant des études sur les univers parallèles et le voyage dans le temps. Le scénario met beaucoup de temps à démarrer, mais une fois parti, c’est plutôt intéressant ; en revanche, l’origine hentai reste très présente, aussi bien dans le personnage principal qui est un gros pervers, que dans les images avec des gros plans sur des filles en tenue légère, et dans les textes avec des sous-entendus graveleux à chaque dialogues et des « blagues » d’un niveau « pouet pouet les seins haha » consternant (et je n’exagère pas beaucoup). Heureusement, Takuya fait preuve d’une certaine profondeur, et on commence à s’y attacher après quelques temps, mais pour ça il faut souffrir un moment dans la mortification.

Le gameplay de Yu-No date également des années 90, et ce remake y reste fidèle sans chercher à améliorer grand-chose : on va fouiller les écrans avec un curseur pour trouver des choses à cliquer, et cliquer partout jusqu’à ce que quelque chose se passe. Et ce qu’il faut faire n’est pas toujours très cohérent, voire complètement aberrant : il faudra souvent cliquer plusieurs fois au même endroit jusqu’à « bloquer », puis cliquer plusieurs fois à un autre endroit, puis re-cliquer au premier endroit. Heureusement, le jeu indique ce que l’on peut faire ou pas, mais la logique n’existe tout simplement pas, les textes décrivant des choses inutiles comme les arbres ou le ciel son innombrables, et il faut souvent cliquer sur des endroits saugrenus (comme les arbres ou le ciel) pour pouvoir avancer. Je ne suis déjà pas fan des point & click occidentaux de l’époque (de Monkey Island à Grim Fandango) et de leurs énigmes délirantes, mais on franchit là un nouveau cap dans l’absurdité et la pénibilité du gameplay, à tel point que je l’ai abandonné après quelques heures de jeu.

Révolutionnaire à l’époque, Yu-No souffre de son gameplay archaïque et qui n’a pas été remis au goût du jour. Dommage, son scénario et ses mécaniques de voyage dans le temps ont un véritable intérêt.