Capcom Beat’Em Up Bundle

Capcom Beat’em Up Bundle regroupe quelques beat’em up développés par Capcom à partir de Final Fight, créé à la suite du succès de Double Dragon en 1989. Ils utilisent un peu tous la même base, et semblent donc un peu répétitifs lorsqu’on y joue les uns à la suite des autres.

Le plus gros problème de cette compilation, mais qui est propre à l’émulation de jeux arcade de manière générale, c’est que la difficulté, généralement assez démente, est nullifiée par les crédits infinis à notre disposition. Il aurait été intéressant de pouvoir limiter les crédits disponibles, ou a minima d’avoir un compteur de crédits utilisés lors de notre session.

Techniquement la compilation est bonne, avec des options classiques : save state, options d’affichage diverses, etc. L’interface est très correcte et permet de voir la liste des coups spéciaux du jeu en cours à tout moment.

A noter que Final Fight peut se jouer à deux et les autres se jouent à 3 ou 4 joueurs, en local ou en ligne.

Petit résumé rapide de chaque jeu de la compilation ; à noter que les jeux semblent avoir des difficultés calibrées pour le jeu à plusieurs joueurs, et mes impressions sur la difficulté sont en solo.

Final Fight (1989)

Final Fight est une sorte de condensé des idées des beat’em up arcade de “la grande époque”, qui combine une simplicité déroutante et un jeu finalement très basique, avec un fun permanent, une excellente technique, et bien sûr une difficulté totalement débile, calibrée pour avaler les pièces des joueurs à vitesse grand V, sans même parler du jeu qui triche (fréquent à cette époque). Avec les crédits infinis permis par l’émulation (testé sur la Capcom Beat’em Up Collection sur Switch) c’est beaucoup plus sympathique, même si le challenge en prend un coup.
Une référence du genre, à tester absolument pour les fans et les curieux.

The King of Dragons (1991)

Des niveaux très courts, peu intéressants et répétitifs, mais nombreux ; des boss “sac à PV” ; un système d’expérience à la fois intéressant et inutile ; un gameplay ultra basique avec un seul coup et pas de combo, des musiques agaçantes et des bruitages très peu nombreux… Bref, un manque flagrant d’intérêt, et un ennui généralisé.

Knights of the Round (1991)

Knights of the Round est (plus ou moins) la suite de King of Dragons, un beat’em up Capcom dans la veine de Final Fight, et lui corrige tous ses défauts : beaucoup plus technique avec des coups spéciaux, un peu plus varié, et surtout beaucoup moins “injuste”, avec des boss qui semblent avoir les mêmes règles que nous. Un bon beat’em up, mais qui a aujourd’hui du mal à tirer son épingle du jeu face à sa fratrie, et notamment Warriors of Fate.

Captain Commando (1991)

Après Final Fight, Capcom déroule les beat’em up inspirés, voire repompés, de leur jeu-phare qui a si bien marché. Captain Commando (contracté en “CapCom”, haha) est ainsi une repompe totale de Final Fight, au point qu’on a parfois l’impression d’avoir à faire à un bootleg ou une skin du jeu original. Il ajoute cependant quelques subtilités, comme les ennemis qui peuvent choper, être sonnés, ou les dashs, et semble un peu plus varié, notamment au niveau des environnements et du style des ennemis : racailles, soldats, ninjas, robots… Il est aussi plein d’humour décalé, comme avec la possibilité d’incarner un bébé qui pilote un robot. Il souffre cependant d’une difficulté rebutante, avec des adversaires qui trichent (parfois nos frappes ne font rien par exemple), et des boss absolument impossibles à battre sur un seul crédit. Ce gros problème d’équilibrage plombe l’intérêt d’un jeu assez fun à part ça.

Warriors of Fate (1992)

Warriors of Fate est un beat’em up Capcom dans la lignée de Final Fight. Contrairement aux autres jeux du style de l’éditeur, Warriors of Fate est étonnamment complexe malgré ses contrôles simples, avec des coups spéciaux, et la possibilité de monter à cheval. Le jeu est très “juste”, surtout comparé à ses prédécesseurs, et on n’a jamais l’impression que les ennemis ne jouent pas avec les mêmes règles que nous, ce qui est loin de rendre le jeu facile pour autant. Cela dit, l’environnement “Chine médiévale réaliste” n’est pas très parlant pour un occidental, et malgré les grandes qualités de gameplay, on a du mal à s’intéresser à l’histoire, qui est d’ailleurs fortement présente, avec une grande quantité de texte et de cutscenes. C’est paradoxalement un excellent jeu, mais pas très passionnant.

Armored Warriors (1994)

Armored Warriors est un beat’em up Capcom qui se détache largement du “moule Final Fight” que la plupart de ses comparses suivent : gameplay trois boutons au lieu de deux, plusieurs coups spéciaux et techniques avancées, possibilité de perdre des morceaux de son robot, mais aussi possibilité de ramasser sur les ennemis de nouvelles armes principales, armes secondaires et même des jambes ! Tout ça rend Armored Warriors très technique, et on doit constamment s’adapter non seulement aux ennemis, mais aussi à ce qu’on a ramassé, ce qui change parfois le gameplay du tout au tout. Le jeu est extrêmement rapide et nerveux malgré la grande quantité de texte et cutscenes, et contrairement à beaucoup de beat’em up Capcom de cette époque, on n’a jamais l’impression que l’IA “triche” ; le tout donne une véritable sensation de “jeu de mecha”, et bien que l’action soit souvent un peu brouillonne, on s’amuse vraiment de bout en bout.

Battle Circuit (1997)

Battle Circuit est un beat’em up Capcom dans la (longue) lignée de Final Fight : un bouton pour frapper, un bouton pour sauter, et c’est tout… ou presque. C’est aussi un des jeux les plus techniques de la “série”, avec plusieurs coups spéciaux, des améliorations à acheter, et des personnages réellement différents. Le jeu a des niveaux très courts mais beaucoup de boss et “demi-boss” ; il est évidemment très difficile, et je le trouve un peu trop “injuste”, avec des ennemis qui peuvent nous choper alors qu’on est en train de les frapper par exemple. Le jeu est bourré de tentatives d’humour qui tombent souvent à plat, comme le fait qu’un des perso chevauche une autruche rose : c’est trop “n’importe quoi”, et trop décousu pour être drôle, mais ça n’empêche pas de passer un bon moment… tant qu’on n’insère pas de vrais crédits qui coûtent de l’argent…