Crossing Souls

Crossing Souls est un jeu d’action et d’aventure en pixel art, qui tire sur la fibre nostalgique des personnes ayant connu les années 80/90. Il raconte l’histoire d’une bande d’ados qui va trouver une pierre permettant de voir le monde des morts, et déclencher ainsi une série d’événements qui les amèneront à devoir sauver le monde.

Côté histoire, c’est assez sympathique et original, même si certains aspects semblent assez téléphonés. Le sujet principal tourne autour de la mort, et étrangement, il semble assez pris à la légère, ce qui empêche de prendre l’histoire au sérieux. Le tout est bourré de références aux années 80/90, que ce soit au niveau des films, des jeux vidéo, ou simplement de l’ambiance générale, des décors, des tenues, etc.

Durant l’histoire, on pourra alterner à la volée entre plusieurs personnages, jusqu’à 5 en fonction des moments, chacun ayant des capacités différentes.
Le gameplay est classique mais assez varié, en alternant les phases d’action, de puzzles et de plateformes. Les capacités des personnages sont malheureusement sous-exploitées, et on aura tendance à utiliser un peu toujours les mêmes, y compris lors des puzzles, qui sont certes intéressants, mais souvent très similaires.
Crossing Souls propose également quelques phases de jeu différentes, notamment de course-poursuite, de shoot’em up, ou d’infiltration. Certains passages sont toutefois un peu pénibles, car à apprendre par coeur, mais avec un long délai avant de pouvoir réessayer.

Au niveau du level design, le jeu fait semblant d’être assez ouvert au début, mais devient en fait assez vite totalement linéaire, avec une succession de niveaux classiques. Ceux-ci sont généralement intéressants, bien pensés, variés, rien à redire à ce sujet.

Les graphismes sont corrects, il y a de bonnes animations, des détails un peu partout, etc.
Le jeu se permet cependant quelques baisses de framerate, notamment pendant certains combats de boss, ce qui est assez décevant au vu de ce qui est affiché.

Le jeu n’est pas particulièrement difficile, même si assez old school dans son approche : par exemple, il n’y a aucun endroit où remonter sa vie facilement (un lit par exemple), et aucun moment où c’est automatique : ni entre deux chapitres, ni aux points de sauvegarde. Ce n’est pas forcément un défaut en soi, mais c’est un choix curieux pour un jeu relativement moderne par ailleurs.

Passons aux choses qui fâchent vraiment, maintenant.

Tout d’abord, la perspective est extrêmement prononcée. Ce qui pourrait passer comme un parti pris visuel comme un autre, gâche une grosse partie du jeu. En effet, celle-ci va créer de nombreux bugs visuels, rend les hitbox des ennemis difficiles à visualiser, mais surtout, cette perspective vous fera rager lors des passages plateforme, car vous devrez apprendre à « viser » avec les pieds du personnage… et ces passages plateforme sont nombreux, et se complexifient avec la progression. Cette perspective flingue complètement la maniabilité, ce qui est d’autant plus rageant car la plupart des passages ardus sont en réalité très intéressants et bien réalisés, la principale complexité résidant dans cette perspective complètement pétée qui vous donnera parfois envie de tuer des chatons.

Ensuite, Crossing Souls est très buggé. Je me suis retrouvé coincé dans le décor plusieurs fois : lors d’un combat contre un boss, au milieu d’un niveau (très loin d’un point de sauvegarde évidemment), ou même contre le boss final. Le personnage saute parfois tout seul des échelles qu’il est censé grimper. Ainsi que d’autres bugs mineurs, comme des effets de pluie, mais seulement sur la moitié de l’écran.

Globalement, le gameplay n’est pas assez finement réglé. Par exemple, le délai d’invincibilité après un coup est extrêmement court (moins d’une seconde), ce qui fait qu’on se retrouve souvent dans des boucles infinies, notamment contre un mini-boss. On pourra aussi relever le manque de feedback sur certaines actions critiques. Par exemple, on utilise régulièrement 2 items de soin parce qu’on a pensé que le premier n’avait pas marché, et que le jeu permet d’utiliser des items de soin même avec une vie déjà pleine. Le changement de personnage est également assez imprécis, il arrive régulièrement que le jeu décide que non, cette fois-ci il n’a pas envie de changer, on va attendre quelques secondes avant de le permettre. Pour les passages qui demandent un timing serré de changement de personnage, c’est assez rageant.

Enfin, les cutscenes sont impossibles à passer. C’est incroyablement énervant lorsque l’on a du mal à battre un boss, et que l’on doit marteler le bouton pour passer les 30s de cinématiques et dialogues pour la 5e fois d’affilée. C’est une véritable honte pour un jeu de 2018.

Bref, un jeu avec un potentiel sympathie non négligeable, mais qui manque trop de finitions pour être recommandable.