Slay The Princess est un jeu narratif à thématique un peu « horreur » (c’est léger) et à choix multiples. Il a eu une petite hype lors de sa sortie, avec pas mal d’influenceurs indépendants qui en disaient énormément de bien, je l’ai donc testé lors de sa sortie sur Switch.
Tout d’abord, un point d’attention : le jeu est intégralement en noir et blanc, avec des écrans fixes en style « dessiné ». Oubliez les prouesses techniques, le jeu pourrait facilement être adapté sur une console 16 bits. Ce point évoqué, continuons.
Je ne mettrai pas de capture du jeu : même le premier essai spoile ce qui se passe, et la découverte fait tout l’intérêt du jeu.
Au tout début du jeu, on est mis devant un chemin, et un narrateur nous dit que l’on doit entrer dans le chalet au bout du chemin et tuer une princesse, pour des raisons plutôt obscures au début. Le narrateur nous indique quoi faire, mais le personnage que l’on incarne semble l’entendre car on peut aussi lui poser des questions. Il y a aussi la voix interne du héros, mais on n’est pas non plus obligé d’être d’accord, ce qui crée un triptyque étrange entre le joueur, le personnage et le narrateur, tout étant intégralement doublé (sauf le joueur, évidemment, mais n’hésitez pas à parler à votre console si le cœur vous en dit) en anglais et sous-titré en français.
Les choix ne sont pas non plus illimités, et il y a de fortes chances que la première tentative de princessicide ne se passe pas comme prévu, d’une manière que je ne spoilerai pas mais dont on peut se douter au vu de pas mal d’indices dans le jeu et en-dehors (ne serait-ce que l’illustration sur le store) ; et quels que soient nos choix, et on revient à la case départ, au début du chemin. Chaque tentative ultérieure (chacune durant moins de cinq minutes, avec une poignée d’écrans et très peu de choix à faire) change de la précédente, que ce soit avec l’environnement qui se modifie, les choix de dialogue qui ne sont jamais deux fois de suite les mêmes, ou les réactions de la princesse qui changent à chaque essai.
Si le principe vous donne très envie, n’hésitez pas et jetez-vous sur le jeu ; pour ceux qui ont encore des doutes, lisez la suite, avec des spoilers sur le fonctionnement du jeu jusqu’à la fin.
Suite du test avec spoiler du fonctionnement
Le jeu ne se contente évidemment pas de nous balancer une séquence de jeu de quelques minutes en boucle avec quelques éléments vaguement différents, et ce qui sert d’histoire évolue au fil des tentatives ; après un certain nombre on arrive à une sorte de « fin » parmi plusieurs selon nos choix, qui nous laisse recommencer des « runs », grosso modo jusqu’à ce que l’on ait épuisé tous les embranchements possibles, ce qui peut prendre quelques heures.
Malheureusement, après quelques runs on se rend compte que les choix n’ont finalement pas d’impact « réel » étant donné que le jeu recommence sans cesse depuis le début, donc il n’y a rapidement plus de tension sur ce qui va se passer : on essaye différentes choses par curiosité, sans s’inquiéter du résultat vu que tout arrive au même endroit. Le jeu se transforme ainsi une chasse à la checklist, aidé par une galerie de tous les débuts possibles, toutes les fins débloquées, et toutes les princesses rencontrées avec tous les choix possibles. Ce n’est pas forcément facile de tout débloquer, mais personnellement je ne trouve pas beaucoup d’intérêt à cette chasse aux embranchements qui met complètement de côté la tension narrative du premier run.
Tout comme The Stanley Parable, Slay The Princess est un jeu tellement focalisé sur ses innombrables choix et sa méta-narration qu’il en oublie d’être un jeu intéressant à jouer run après run. Les amateurs de découverte pourront apprécier, les autres feraient mieux de passer leur chemin.
