Atelier Ryza 3: Alchemist of the End & the Secret Key

Atelier est une série qui a débuté sur Playstation 1, et qui sort de nouveaux épisodes très régulièrement sous forme de trilogies : Ryza 3 est le troisième épisode de la trilogie « Mysterious », mais le 24ème (!) jeu de la série complète, sans compter les spin-off, les remasters et les remakes !

Le concept reste toujours le même : on suit une alchimiste (toujours une fille) qui peut créer des tas d’objets en mélangeant des trucs ramassés un peu partout dans un chaudron, et on suit une histoire qui tourne autour du personnage principal. Les jeux sont plutôt mignons, et globalement relaxants, même si avant Ryza ils avaient une limite de temps qui pouvait en stresser certains.

Ryza 3 est donc la suite directe des évènements des deux précédents ; s’ils sont résumés par un film d’introduction, c’est sans doute plus clair si on les a déjà fait. Par exemple, après quelques minutes de jeu on réinvestit le « secret hideout », mais à part les personnages qui disent « ah tu te rappelles ceci ou cela », rien ne nous indique que c’est quelque chose de spécial, alors que c’est un élément central du premier épisode et qu’on y a passé beaucoup de temps à l’installer.

L’histoire est… totalement absente. Après quelques heures de jeu je ne savais même plus pourquoi Ryza était revenue à son point de départ, ni ce qu’elle était venue faire : on va re-traverser tous les niveaux du premier épisode pendant que les personnages (du premier épisode) papotent pour ne rien dire. Les histoires des précédents épisodes n’étaient pas renversantes, et l’intérêt se situait surtout dans les relations entre les personnages : ici on n’a que des « anciens » (du moins au début), les dialogues font vraiment « retrouvailles de vieux copains qui ressassent leurs souvenirs » et ça n’a aucun intérêt.

Les combats sont eux aussi très similaires aux précédents : une jauge qui se charge avant de pouvoir faire une attaque de base, qui chargent une jauge qui permet de déclencher des attaques spéciales, qui augmentent des points qui permettent d’utiliser des objets, des combos avec les autres personnages sous certaines conditions, etc. Au début les combats sont assez brouillons, il faut du temps pour comprendre ce qui se passe, mais dans l’ensemble c’est plutôt dynamique et ça évite l’écueil des combats ATB des Final Fantasy pendant lesquels on passe son temps à poireauter.

Je l’ai déjà évoqué, mais il faut le répéter : pendant une bonne partie du jeu on re-traverse la carte du premier épisode ; alors certes on va défoncer en quelques instants les ennemis qui nous avaient donné tant de mal à l’époque, mais dans l’ensemble, contrairement aux personnages, je n’ai pas traversé ces décors il y a si longtemps que ça, et je n’en suis pas particulièrement nostalgique, ils ne m’avaient pas manqué ! Ce n’est vraiment pas amusant, et surtout, c’est empiré par une autre redite pénible : Ryza semble avoir perdu tous ses outils et oublié toutes ses recettes. Il faut tout récolter de nouveau, se re-fabriquer les outils de base pour pouvoir récolter d’autres ingrédients pour pouvoir se fabriquer des outils plus puissants, etc. Autant dire que j’ai vraiment l’impression de rejouer au premier épisode, mais sans histoire ! C’est insupportable.

Après une dizaine ou quinzaine d’heures, on arrive enfin sur une nouvelle zone, celle-ci en monde ouvert, et alors que le jeu pourrait enfin « démarrer » (après 15h, merci bien), on se rend compte qu’on doit toujours re-créer tous les outils qu’on devrait encore avoir et ré-apprendre toutes les recettes qu’on devrait encore connaître, que les ennemis et les plantes sont toujours les mêmes avec parfois du palette swap, que les ennemis repopent à l’infini même sans qu’on se déplace alors que la vie ne remonte pas entre deux combats, qu’il faut revenir à l’atelier pour pouvoir sauvegarder (au secours !), et bien d’autres détails frustrants qui, pris individuellement, ne sont pas très graves, mais qui s’accumulent pour rendre l’expérience insupportable : quelques heures après avoir débloqué la nouvelle zonne j’ai arrêté, tellement je n’en pouvais plus de refaire tout de zéro pour la troisième fois (oui parce que le second épisode c’était déjà la même blague).

La plupart des précédentes trilogies Atelier utilisaient de nouveaux personnages à chaque épisode, et je comprends mieux pourquoi : les deux premiers Ryza se ressemblaient déjà beaucoup, mais ce troisième épisode est vraiment celui de trop. Le sentiment de déjà vu est vraiment insupportable pour moi, et les nouveautés sont trop diluées pour que ça soit intéressant, sans parler du manque total d’histoire pendant au moins quinze heures. Si vous cherchez un jeu détente et que vous n’avez pas fait les deux premiers ça peut vous plaire, sinon oubliez.

Technique

La direction artistique est un peu plus marquée que dans les épisodes précédents, avec du bloom et du flou de distance à foison, qui peuvent heureusement se désactiver, parce que c’est un peu trop violent, même s’ils masquent un peu le popping assez rude. Il y a un mode « performance » ou « qualité » (y compris sur Switch en mode portable), et en les textes sont vraiment écrits petits, c’est difficile à lire en portable. Le jeu est en japonais sous-titré anglais : pas de trace du français à l’horizon, contrairement au 2.

Verdict : à réserver à ceux qui n’ont pas fait le 1 (ou qui veulent le refaire)