Prince of Persia: The Lost Crown

Prince of Persia est une série de jeux de plateforme qui a débuté en 1989 sur Apple II, grand classique intemporel qui a été porté sur toutes les plateformes imaginables, à base de puzzles et de combats assez techniques. Après un second épisode en 93 identique au premier, et une suite 3D nulle en 1999, Ubisoft reboote complètement la licence avec The Sands of Time, qui introduit des déplacements fluides en « parkour », et surtout les « sables des temps » qui permettent de remonter le temps lorsque l’on fait une erreur. Depuis, Ubisoft a évidemment sorti un nombre beaucoup trop grand de suites, comme d’habitude, et la licence s’est bien cassée la gueule au fil des épisodes, mais il y a très souvent eu ce thème du temps qui est resté un thème fort de la série.

The Lost Crown est un metroidvania en 2D situé dans cet univers, mais pour une fois on doit sauver le prince (qui n’est pas le personnage contrôlé), ça change de la princesse à sauver des griffes du vizir. Le thème du temps est de nouveau utilisé en demandant d’explorer un palais rempli d’anomalies temporelles : des PNJ qui ont vieilli prématurément, des morts qui reviennent à la vie, des statues figées au milieu d’un écroulement, et bien d’autres choses étranges. L’histoire n’a rien de très surprenant et ses twists sont assez convenus, mais elle se laisse suivre : rien de spécial à signaler à ce niveau.

Le gameplay des combats est assez technique, avec des coups normaux, un dash, un blocage qui déclenche une contre-attaque avec le bon timing, et évidemment différentes armes secondaires et autres capacités qu’on va acquérir et améliorer au fil de la progression. Le gameplay de la partie plateforme est assez nerveux, et surtout très lisible : j’ai toujours compris ce que je pouvais faire ou non, et je ne me rappelle pas avoir été pris en traître par le jeu sur un élément mal défini ; les mouvements sont fluides, et les nouvelles capacités s’intègrent très bien, même si à la fin, on a un peu trop de capacités sur tous les boutons, et je me mélangeais un peu les pinceaux. Les capacités sont d’ailleurs un peu plus originales que la moyenne, et jouent beaucoup sur le thème du temps.

Le level design est également un excellent point de The Lost Crown : les zones sont très ouvertes, on n’a pas du tout la sensation de « couloir qui s’ouvre progressivement » qu’ont beaucoup de metroidvania, c’est un peu l’opposé de Metroid Dread à ce niveau. J’ai été assez impressionné de voir comment les développeurs ont réussi à faire des niveaux très ouverts, avec plein d’endroits à découvrir et visiter avant d’avoir récupéré le moindre pouvoir : ça donne parfois l’impression d’avoir fait du sequence breaking involontaire ! Parfois j’ai aussi eu l’impression d’avoir bien exploré, puis je suis revenu dans une ancienne zone pour avancer à des endroits non découverts, et je tombe sur des kilomètres de passages : c’est vraiment très grand, même si pour être complètement honnête c’est aussi parfois très vide : il y a plein de zones qu’on traverse en dix secondes, avec trois plateformes et un ennemi. Ici et là on trouve également des défis facultatifs parfois très difficiles, avec des récompenses d’ailleurs pas toujours à la hauteur.

La difficulté du jeu est irréprochable : offrant un bon challenge par défaut, avec des modes facile/normal/difficile mais aussi de multiples options pour l’ajuster plus finement (aussi bien dans les options qu’avec des amulettes à la Hollow Knight), des points de sauvegarde et de réapparition réguliers et toujours avant les passages vraiment difficiles, et divers coups de pouce pour ceux qui galèrent vraiment ; par exemple, si vous perdez à répétition sur un passage de plateforme, le jeu vous propose de rajouter des plateformes pour vous aider (sauf dans les défis facultatifs). Il y a donc aussi bien moyen d’avoir un vrai challenge pour les plus aguerris, qu’un jeu détente pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête.

Techniquement c’est plutôt joli même si assez simple graphiquement, avec quelques décors basiques et d’autres bien travaillés et quelques chouettes paysages. J’ai subi un seul bug, à ne pas pouvoir récupérer l’amélioration de vie laissée par un boss ; heureusement un simple aller-retour dans une autre zone a réglé le souci.

Prince of Persia The Lost Crown est un excellent metroidvania : des combats intéressants, une très bonne exploration, je n’ai vraiment rien à lui reprocher. Un des meilleurs du genre sur Switch.

Verdict : excellent