Arcade Archives Ace Driver

Ace Driver est un jeu de course typé « Formule 1 », sorti un an après Ridge Racer et utilisant la même plateforme de graphismes 3D aux textures un peu grossières. On pourrait croire que c’est une réponse à Virtua Racing (sorti en 1992), mais c’est en réalité sans doute tout autant une suite à la série Winning Run qui a débuté en 1988, et qui avait un très bon succès au Japon.

Le contenu est famélique, même pour un jeu de cette époque : un seul circuit, et une seule voiture ! Par rapport à Virtua Racing (trois circuits) ou Ridge Racer (un seul circuit mais en deux variantes) c’est assez pauvre, il n’y a même pas de variante de circuit sur la difficulté plus élevée. Le seul choix se fait entre trois classes de voitures, qui la laissent identique visuellement, mais changent la conduite qui demande de plus en plus de doigté.

La conduite est très différente de Ridge Racer, et on est un peu plus proche de Virtua Racing, avec le besoin d’être précis, sans être très réaliste non plus : on peut prendre les grands virages à bloc en dérapage, mais il faut freiner sur les virages plus serrés. Malheureusement les gâchettes « on/off » de la Switch n’aident pas à doser les accélérations, et les sticks trop courts des joycons de base n’aident pas non plus à doser les virages : c’est atrocement difficile à conduire. C’est un peu mieux avec des sticks plus longs (Hori ou autre) mais ça n’est jamais idéal, et certains virages sont très durs à prendre correctement. Il est possible de régler la sensibilité de la direction (augmentez l’angle du volant pour le rendre moins brutal, réduisez la zone morte pour le rendre plus progressif, augmentez les délais pour fluidifier le tout) mais j’aurais aimé que le jeu soit jouable par défaut, et qu’on n’ait pas à passer du temps dans les réglages ! Et malgré ça la classe intermédiaire est trop difficile pour la sensibilité des contrôles, et la classe experte je n’en parle même pas.

Ace Driver est assez décevant : c’est un peu de l’esbroufe technique (pour l’époque c’est largement au-dessus de la concurrence) qui cherche à masquer la pauvreté de contenu : Namco était capable de faire mieux. Le portage est aussi un peu trop brut, avec pas assez d’adaptation à la machine , ce qui le rend limite injouable.

Verdict : correct