Castlevania Advance Collection

Faisant suite à la Castlevania Anniversary Collection, cette Advance Collection regroupe, comme son nom l’indique, les épisodes sortis sur Game Boy Advance… plus Dracula X, épisode SNES, qui semble présent uniquement pour « compléter » la première compilation. Je n’ai jamais fait ce dernier, mais je possède les trois autres sur GBA, et j’ai terminé plusieurs fois Harmony of Dissonance et Aria of Sorrow : je ne les essaye donc pas à l’aveugle, même si j’ai presque tout oublié.

Tout comme la précédente compilation, cette Advance Collection a quelques bonus : artworks, boîtes, manuels (bien pratiques) et un lecteur de musiques : c’est intéressant mais un peu brut (un simple menu), et pas aussi bien fait que la compilation Arcade Classics : il n’y a pas de mise en contexte, par exemple, et tout est en vrac, comme dans la compilation Mega Man. Le plus gros manque des « bonus », c’est l’absence de filtres ou shaders reproduisant l’écran de la GBA, ce qui est vraiment dommage : Harmony of Dissonance a des couleurs extrêmement criardes pour compenser le manque de luminosité du premier modèle de la console (qui n’avait pas de rétro-éclairage), ce qui rend assez mal sur un écran moderne.

A l’exception de Dracula X, les jeux sont dans la veine de Symphony of the Night (pour lequel on se demande bien s’il sera porté un jour), du plus pur metroidvania : de l’exploration avec des objets ou pouvoirs qui débloquent la carte progressivement, de l’équipement et de l’expérience ; ils sont aussi parfois appelés Igavanias, de Koji Igarashi, le réalisateur de SotN et des épisodes GBA/DS. Leur durée de vie, entre 5 et 10 heures, est dans la moyenne du genre sur GBA, mais ils débloquent tous des « new game+ » une fois terminés, ce qui permet de multiplier leur durée de vie d’autant, sans parler de la recherche du 100% et de la « vraie fin ».

Je regrette également l’absence des (très bons) épisodes DS, alors que chez Capcom, la compilation Mega Man Zero/ZX a réussi à les porter ; peut-être à cause de leur utilisation relativement « intensive » de l’écran tactile ?

Dracula X / Dracula XX / Vampire’s Kiss (1995)

C’est un épisode sorti sur SNES, basé sur Rondo of Blood (dont le portage Switch manque lui aussi à l’appel), mais très largement différent. Il a mauvaise réputation, notamment dans sa version occidentale jugée inutilement difficile ; de la part des fans d’une série très difficile de manière générale, c’est assez inquiétant. Sa structure est très similaire aux épisodes NES et à Super Castlevania : des niveaux linéaires, avec parfois un chemin alternatif ici ou là ; le gameplay est également très proche, mais avec un peu de contrôle aérien, ce qui est très appréciable. La difficulté est basée sur l’apprentissage par cœur du placement de pièges retors, mais personnellement je ne vois pas trop la différence avec les autres épisodes, et l’utilisation du rewind rend l’ensemble assez trivial. Je n’ai jamais été fan des Castlevania « classiques », et ce n’est pas cet épisode qui me réconcilie : il n’est pas aussi horrible que sa réputation laisse penser, mais pas terrible non plus.

Circle of the Moon (2001)

Episode de lancement de la GBA, il divise les fans : certains l’adorent, d’autres le trouvent médiocre ; je le possède sur GBA, mais je n’y ai jamais beaucoup joué, notamment à cause de sa rigidité de contrôle qui me rebutait. Bonne surprise en poussant un peu plus loin : c’est excellent. Le level design est très bon et très porté sur l’exploration, les puzzles et les secrets ; et le gameplay est un peu à mi-chemin entre les vieux Castlevania (le fouet comme seule arme, les armes secondaires, les cœurs…) et les Igavania avec l’expérience, les objets à acquérir, plus le système de « cartes » original et intéressant. Les déplacements sont très lents au début, mais rapidement on acquiert un objet qui permet de courir en « double-cliquant » sur le pavé de direction : c’est sans doute l’aspect le plus agaçant du jeu car c’est assez pénible à effectuer ; dommage que cette compilation n’en ait pas profité pour ajouter un bouton de course. Entre les boss assez costauds et les zones régulièrement repeuplées de monstres plus difficiles, la difficulté est assez relevée, mais le rembobinage et les save states permettent de mitiger cet aspect, si vous le souhaitez. En revanche il y a beaucoup de grind, en particulier si vous souhaitez obtenir toutes les cartes : heureusement qu’il existe une aide intégrée qui nous dit quels monstres ont quelles cartes, mais je regrette là aussi qu’il n’y ait pas une version remaniée qui augmente les droprates pour limiter le grind.

Harmony of Dissonance (2002)

Encore un épisode qui divise les fans, cette fois-ci à cause de son look étrange voire psychédélique (certains arrière-plans sont assez hardcores), mais personnellement je l’avais beaucoup aimé, notamment grâce à son gameplay extrêmement dynamique et nerveux ; c’est un peu une sur-réaction aux critiques de Circle of the Moon, qui était jugé trop terne et trop lent. Il inaugure une nouvelle étape dans la progression des Igavania, avec la présence de marchands qui permettent de s’équiper ou d’acheter des potions sans trop grinder, ce qui rend le jeu largement plus accessible, mais conserve le fouet comme seule arme, et les armes secondaires à base de cœurs. Il est aussi beaucoup moins difficile que le précédent : on trouve des potions beaucoup plus souvent, les boss sont sensiblement moins durs, et on monte de niveau bien plus vite. Ses problèmes principaux sont ses graphismes si particuliers, ses musiques souvent nasillardes et agressives, et son bestiaire qui tourne un peu trop autour des variations de squelettes ; à part ça, c’est un très bon épisode.

Aria of Sorrow (2003)

Aria of Sorrow est tout simplement le meilleur Igavania à mes yeux, car il mélange les meilleurs aspects des précédents : les armes variées de Symphony of the Night, le marchand de Harmony of Dissonance, et les âmes (inspirées des cartes de Circle of the Moon) ; les épisodes précédents étaient imparfaits, les suivants utiliseront trop de gimmicks, mais Aria of Sorrow est parfaitement équilibré. Le level design est toujours aussi bon, avec des secrets partout ; les armes et les âmes sont variées et donnent de véritables différences de gameplay ; et le jeu est très beau, avec des animations détaillées aussi bien pour le personnage que les ennemis. On pourra surtout lui reprocher une certaine linéarité, avec des zones un peu trop indépendantes les unes des autres, mais c’est un détail face à l’excellence du reste du jeu.

La Castlevania Advance Collection est une compilation de trois excellents metroidvanias ; on ne manque pas de bons jeux du genre ces dernières années, mais ils donnent encore des leçons à de nombreux jeux indépendants. Une compilation indispensable pour tout amateur du genre.