Guilty Gear

Guilty Gear est sorti en 1998 sur Playstation, un an après Tekken 3 ; la même année que SoulCalibur, KoF 98 ou Street Fighter Alpha 3 ; et un an avant Garou Mark of the Wolves. La période est faste pour les amateurs du genre, les jeux se diversifient, et Guilty Gear se retrouve face à une concurrence féroce.

Il se démarque d’abord avec un design original, orienté punk/hard rock : les persos sont stylés manga très « rebelle rocker des années 90 », la musique est énervée, et les combats commencent tous par une exclamation « let’s rock! ». Le jeu est beau, les décors sont bien détaillés, les animations sont fluides, c’est une vraie réussite esthétique.

Le gameplay est très nerveux et dynamique, les personnages se déplacent rapidement, sautent très haut, les coups font très mal, et les points de vie descendent vite. Le jeu se veut abordable avec seulement 4 coups de base, et des combos assez simples qui se basent pour la plupart sur quelques modèles pas trop compliqués ; mais paradoxalement, le jeu est aussi très exigeant sur les inputs, et il est assez difficile de sortir ces coups au pad : le « button mashing » (appuyer sur tous les boutons en faisant vaguement des mouvements qui ressemblent à des combos) ne permet pas d’aller bien loin.

Si je rajoute que Guilty Gear est très technique avec des combos contrées très facilement, un gameplay très aérien et avec beaucoup de combos qui « verrouillent » l’adversaire, et que certains personnages sont particulièrement coriaces alors qu’il n’y a aucun réglage de difficulté, vous comprendrez vite que le jeu n’est en réalité pas du tout adapté aux gens qui, comme moi, aiment bien ce genre de jeu sans y être compétent. Heureusement, on peut recommencer les combats autant de fois que l’on souhaite, mais il arrive qu’on se retrouve face à un mur infranchissable.

Les personnages sont assez peu nombreux mais sont hauts en couleurs, plus ou moins faciles à manier, et surtout extrêmement variés : un des combattants peut faire des triple sauts et se téléporter, tandis qu’un autre est extrêmement lent mais le moindre de ses coups retire un quart de barre de vie.

Je note un problème qui aurait dû être supprimé ou réglable sur ce portage : il y a énormément de flashs lumineux, c’est assez violent pour les yeux et le crâne.

Beau, technique et exigeant, Guilty Gear est à réserver aux amateurs du genre : les nouveaux venus risquent de rapidement rester sur le carreau.