Mystic Quest / Final Fantasy Adventure

Mystic Quest en Europe, Final Fantasy Adventure aux USA, ou encore Seiken Densetsu Final Fantasy Gaiden au Japon, ce jeu aux multiples noms est sorti au Japon en 1991, la même année que Metroid 2, Final Fantasy Legend 3 ou Kid Icarus, et deux ans avant Zelda Link’s Awakening. C’est le premier épisode de ce qui deviendra la série Seiken Densetsu, ou Mana en occident, initialement relié à la populaire série Final Fantasy pour d’évidentes raison de marketing, elle n’a en réalité pas grand-chose à voir.

Ce premier épisode, donc, s’inspire très fortement du premier Zelda : un gameplay action vu de dessus, un monde à explorer qui n’est pas ouvert au début mais se complexifie progressivement, des donjons composés de combats et de puzzles et conclus par des boss, des objets (ici les armes) qui servent à ouvrir de nouveaux chemins pour pouvoir progresser… Certains éléments sont même copié/collés, comme les fontaines de fées pour récupérer de la vie. Mystic Quest se démarque en rajoutant des éléments de RPG bien plus poussés : une vraie histoire notamment, mais aussi un inventaire, de la magie, des statistiques, de l’expérience et des niveaux, des compagnons qui nous rejoignent occasionnellement, ainsi qu’un alignement, même si je n’ai pas compris comment le faire changer. Et comme les RPG de cette époque, malheureusement, il faut grinder pour avancer, sous peine de rester bloqué face à un boss d’un niveau bien trop élevé pour nous ; heureusement, les niveaux augmentent assez vite et le grind n’est pas trop important.

Avec les deux boutons de la Game Boy, le gameplay est forcément très simple : un bouton pour attaquer, et un bouton pour lancer un sort ou utiliser un objet. C’est là où on rencontre le premier problème de Mystic Quest : les hitboxes sont assez vagues, les déplacements sont trop flous, et il est difficile de se déplacer sans se faire toucher quand il y a beaucoup d’ennemis, ou de toucher les ennemis, qui ne semblent pas toujours impactés par nos attaques. Heureusement, le jeu n’est pas très difficile, notamment avec la possibilité de sauvegarder à n’importe quel moment, de quitter la plupart des combats de boss pour se refaire une santé, ou tout simplement de grinder quelques niveaux.

Ce gameplay imprécis n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg des petits problèmes du jeu : les allers-retours permanents et infernaux dans l’inventaire, les coffres pénibles qui bloquent régulièrement la progression, les ennemis qui passent à travers les murs ou sont coincés, ou encore les problèmes de design comme des salles avec des ennemis qui ne sont pas sensibles aux mêmes armes, obligeant à changer d’arme sans arrêt ; j’en passe (beaucoup). Le plus drôle, c’est sans doute les traductions absolument lamentables, bourrées de fautes et sans aucune cohérence de ton ; l’histoire ne vole déjà pas bien haut, ça finit d’achever son intérêt.

Les graphismes sont spartiates, dans la lignée de ce qui se faisait à l’époque sur Game Boy, et les musiques sont correctes, sauf celle du donjon qui est beaucoup trop répétitive. En revanche, la carte du monde est illisible et inutilisable, avec juste des carrés pour avoir une vague idée de l’emplacement des villes mais aucune indication de comment y accéder : on est loin de l’excellente carte de Link’s Awakening.

Au niveau de la compilation Collection of Mana, on est très loin des ténors du genre comme la gamme Sega Ages, les collections Konami ou certaines Capcom : c’est bien simple, il n’y a absolument aucun bonus à part un lecteur de musiques, pas de manuel, pas d’indication, pas de liste des objets et leur utilisation, rien : on peut toujours aller voir un wiki ou une solution, mais quand on voit ce que Sega a fait avec Phantasy Star vendu une fraction du prix, ça énerve un peu. Même le logo du jeu dans le menu n’est pas détouré ni refait ! Une seule save state et pas de rewind, trois modes d’affichage (six si on compte le mode “pixel perfect”, c’est vraiment minimaliste, limite foutage de gueule. La seule chose positive que j’ai à remarquer à ce niveau, c’est le filtre “Game Boy” vert très bien fait. Enfin, il n’y a pas le remake Sword of Mana sur GBA : vu l’absence totale de travail sur l’inclusion des jeux, ça ne leur aurait sans doute pas coûté plus cher.

Mystic Quest est un Zelda-like avec des éléments de RPG honnête sans plus, dans la moyenne haute de ce qui se faisait à l’époque. Le temps n’a pas été tendre avec son gameplay approximatif, ses défauts d’interface et son histoire inexistante. Le manque total de travail sur la compilation est honteux, surtout vu le prix demandé.