Abzu

Il y a des jeux qui sont bien plus préoccupés par leur aspect artistique et les émotions qu’ils procurent que par leur gameplay, comme Gris, Florence ou Sayonara Wild Hearts ; Abzu fait partie de cette catégorie. Si vous n’êtes pas intéressé par ce genre de jeu, passez votre chemin.

Le gameplay est très simple, voire minimaliste : on se promène dans l’eau en explorant des petites zones, et on appuie sur un bouton de temps en temps pour activer quelque chose afin de progresser. Rien de spécial à dire de ce côté-là, c’est un walking (enfin, swimming) simulator très classique et linéaire, avec aucune indication mais très peu d’interactions possibles de toute façon. Les contrôles sont plutôt agréables, et lorsqu’on a accès à la surface on peut s’amuser quelques minutes à sauter hors de l’eau comme dans Ecco.

C’est au niveau de la réalisation que Abzu prend toute sa mesure. La direction artistique utilise le low-poly à merveille, les zones sont denses et détaillées, les ambiances sont variées et colorées, les effets de lumière sont très réussis… La mise en scène est également très bonne, avec des moments où le jeu reprend le contrôle ou nous guide sur un chemin unique pour raconter des fragments d’histoire sans utiliser un seul mot, et l’excellente musique par Austin Wintory (Journey, The Banner Saga…) renforce le tout pour donner une force incroyable aux moments vécus : je vous conseille fortement de jouer au casque, ou avec un bon système de son. C’est un véritable “film interactif” artistique plus qu’un “jeu vidéo”, puissant et qui prend aux tripes.

Techniquement, sur Switch en mode portable, le jeu n’est pas parfaitement fluide, mais vu le gameplay, ce n’est pas gênant. Il se termine en à peine 1h30, un peu plus si vous cherchez tous les collectibles inutiles.

Abzu est une expérience à vivre, un moment d’émotion, avec des graphismes superbes et une musique incroyable, mais un gameplay inexistant. J’adore.