V-Rally 4

V-Rally 4 est un jeu de rallye qui se veut mi-simulation, mi-arcade.

Rentrons tout de suite dans le vif du sujet : le problème principal de ce jeu, c’est la physique des voitures totalement ratée, qui donne l’impression qu’elles pèsent environ 10kg. Elles glissent en permanence à n’importe quelle vitesse, et elles se retournent au moindre contact comme des feuilles mortes dans le vent. Le moteur physique n’est d’ailleurs pas toujours très sûr de lui, car il arrive à l’inverse que la voiture ne bronche pas d’un poil après un contact violent avec un obstacle.

En revanche, les dégâts subis changent correctement la conduite de la voiture, et terminer une course avec un amortisseur défoncé n’est clairement pas une mince affaire. Les dégâts visuels sont totalement inexistants, en tout cas sur Switch.

Au-delà de la course, V-Rally 4 propose tout un aspect « gestion d’équipes », avec recherche de sponsors pour gagner plus d’argent, d’agents pour débloquer des courses, de mécaniciens pour réparer la voiture plus vite, et d’ingénieurs pour débloquer des améliorations, le tout avec un salaire à payer chaque semaine (retenez bien ce détail).

Il y a également un système de « saison » de courses, avec des épreuves qui apparaissent aléatoirement sur la carte, ne sont disponibles que quelques jours, et qui comportent plusieurs spéciales, avec un coût d’entrée dans les championnats (retenez bien ça aussi) variable selon sa durée.

Si vous faites le compte : des salaires à payer, plus des coût d’entrée dans les courses, ça nous donne quoi ? Eh oui, un jeu où ne pas être en haut du classement de chaque course est extrêmement pénalisant, car, chose à la fois très originale et très pénible dans un jeu de course, si on perd trop, on perd de l’argent sans arrêt.
On est donc obligés de recommencer les courses sans arrêt à la moindre erreur, jusqu’à être au moins dans le top 5, pour ne pas passer dans le rouge. J’imagine que certains trouveront ça sympathique, personnellement je trouve ça extrêmement pénible, dans un jeu de course.

D’autant plus que le jeu est très avare en récompenses, tout coûte cher, et même en remportant les championnats, notre pactole augmentera très lentement. Les voitures à débloquer coûtent une fortune, les courses deviennent de plus en plus dures, bref, c’est un jeu très fastidieux. On ne pourra pas progresser à son rythme et « prendre la mesure » du jeu, on a dès le début, et en permanence, la pression de terminer premier.

Tout cela n’est pas aidé par le fait que la Switch n’a pas de gâchettes analogiques, et que le jeu n’a pas du tout été adapté. L’accélération est toujours à fond, le freinage est toujours à fond. Aucune subtilité n’est possible, alors qu’une forme d’automatisme aurait sans doute été nécessaire.

Le tracé des spéciales est généralement assez sympa, mais les routes sont trop étroites, et il y a trop de choses trop proches de la piste (rochers, arbres, barrières…), et ce dans tous les environnements, et en permanence. Si l’on y ajoute la physique ratée, on se retrouve à conduire en permanence sur des oeufs, bien plus que dans la plupart des jeux de ce type en tout cas. Ce qui est totalement compréhensible dans une simulation poussée l’est beaucoup moins lorsqu’on a plus l’impression de se battre contre le moteur physique que contre le chrono.

Comme souvent dans les jeux de ce type, il y a un système de remise sur la piste qui nous inflige une pénalité de temps. Mais ce système est totalement aléatoire : il m’est arrivé de me retrouver automatiquement remis sur la piste avec 10s de pénalité parce que j’avais une roue qui avait mordu l’intérieur d’un virage ; et il m’est aussi arrivé de revenir sans aucune pénalité alors que j’étais tombé au fond d’un ravin… Rajoutons la difficulté très relevée des adversaires, et la moindre erreur fait rapidement passer de 1er à 10e en quelques mètres.

Rajoutons la petite cerise sur ce délicieux gâteau : les instructions sont souvent données au dernier moment, parfois même alors qu’on est déjà entré dans le virage. On se retrouve donc régulièrement dans le ravin avant même d’avoir compris qu’il fallait freiner.

Techniquement, sur Switch en mode portable, c’est la catastrophe. La résolution est très basse, et tout est flou. C’est très moche et basique, les arbres sont plats et flous, les textures sont dégueulasses et flous, les décors sont vides et flous, les modèles sont basiques et flous… Seule votre voiture est à peu près correctement rendue.
Le plus gênant dans tout ça, ce sont les ombres qui apparaissent littéralement à 5m de la voiture. Les lumières sont toutes calculées dynamiquement et pas précalculées, il arrive donc qu’on soit dans un tunnel ou au fond d’un ravin, et que ce soit sombre devant notre voiture et très lumineux 5m plus loin.

Lorsque l’on compare aux versions PC/PS4/Xbox One (qui sont plutôt jolies), ça fait vraiment mal au coeur. Si le jeu avait été pensé pour la Switch dès le début, il aurait sans doute été possible de faire des ajustements plus pertinents (comme précalculer les ombres…) ; en l’état, c’est juste très moche.

V-Rally 4 est un jeu moyen, et porté à l’arrache sur une console qui n’a pas les moyens d’accueillir un tel jeu. Peut-être est-il bon sur une autre plateforme, mais évitez cette version Switch comme la peste.