Première période : les simulations de combat (1987)


Petite révolution avec Street Fighter, dont la première version (qui utilise des boutons pneumatiques) sera un échec, et ne sera pas suivi par la concurrence, qui préfère copier le succès immédiat de Double Dragon. Il faudra attendre le second épisode en 1991 pour que les jeux de combat reviennent réellement.


⭐ Street Fighter (arcade, Capcom)

Tout comme Renegade pour les beat’em up, Street Fighter pose les premières bases des jeux de combat à un contre un, mais en ratant leur implémentation. Tout ce qui a été vu sur Yie Ar Kung Fu est présent, et Street Fighter y ajoute des blocages en appuyant simplement sur “arrière” comme dans Karate Champ, des arrière-plans variés et “liés” à chaque adversaire, des coups spéciaux comme les célèbres hadouken de Ryu que l’on effectue avec des combinaisons de touches et de directions, les contrôles à 6 boutons (3 variations de coups de poing et de pied, même si la première version utilisait 2 boutons pneumatiques pour des frappes plus ou moins puissantes en fonction de la force appliquée sur le bouton, ce qui sera bien vite abandonné), et la possibilité pour un second joueur de s’imposer à n’importe quel moment, même si le choix de joueurs est très limité avec seulement deux clones. C’est le premier jeu de combat qui a un fonctionnement et un gameplay un peu proche de ce qu’on attend aujourd’hui, bien qu’il soit très raide, les animations pas terribles malgré les grands sprites, et les contrôles assez aléatoires : les coups spéciaux ne sortent pas de manière fiable. Capcom, fondé à peine 4 ans auparavant, est encore loin d’être le monstre de l’arcade que l’on connaîtra quelques années après, et Street Fighter se fera tellement éclipser par Double Dragon que sa suite se transformera en beat’em up : Final Fight. Son succès en salle d’arcade est modéré, probablement impacté par l’échec de la première version “pneumatique” ; aujourd’hui il est assez médiocre.


⭐ Double Dragon (arcade, Technos)

C’est tout simplement le modèle sur lequel la quasi-totalité des beat’em up se basent depuis : il y a très clairement un avant et un après Double Dragon. Reprenez la description de Renegade un peu plus haut, et ajoutez-y des sprites et des arrière-plans détaillés, des niveaux vastes et complexes (pour l’époque), des ennemis variés avec des comportements différents, la possibilité d’utiliser les armes ennemies, une progression qui alterne avancée et verrouillage dans une arène avec des ennemis qui arrivent progressivement, des boss de milieu et de fin de zone, et surtout la possibilité de jouer à 2 joueurs en mode coopératif ! Fun, dynamique, nerveux, son plus gros problème est au niveau technique : il y a de très nombreux ralentissements, parfois assez gênants. Il est encore plutôt sympathique aujourd’hui si vous arrivez à passer outre ce défaut, ou que vous utilisez un émulateur qui les élimine.


International Karate+ / Chop n Drop (Commodore 64, System 3)

IK+ se base sur une idée simple : un jeu de combat, mais à trois. Il reprend et surtout enrichit le gameplay de son prédécesseur avec de nombreux nouveaux mouvements, et en le rendant beaucoup plus nerveux et rapide, mais aussi encore plus brouillon. Il est très impressionnant techniquement pour la machine, avec des animations très bien détaillées et un joli arrière-plan animé, mais un seul malheureusement, ce qui le rend très répétitif : le jeu est une simple boucle d’affrontement non-stop des mêmes adversaires devant le même arrière-plan. Très bon pour l’époque, aujourd’hui je le trouve trop chaotique en solo, mais en multijoueur je pense qu’il doit être excellent.


Barbarian: The Ultimate Warrior / Death Sword (Commodore 64/Amstrad CPC/Atari ST, Palace Software)

Tout en se reposant sur les mêmes bases de contrôles que Exploding Fist ou International Karate, Barbarian change complètement de style et s’inspire plutôt des films Conan, sortis quelques années plus tôt. C’est un des jeux favori des fans de ces machines, et je comprends pourquoi : son gameplay est riche, et il a une ambiance assez unique à cette époque où les jeux de combat reproduisent plutôt la boxe ou les arts martiaux. Techniquement c’est un peu moins réussi avec des animations très hachées, surtout comparé aux superbes animations de IK+, mais les arrière-plans sont variés et détaillés, même s’ils sont mangés par ce logo gigantesque qui reste affiché en toute circonstance. Aujourd’hui il est un peu trop rigide pour être vraiment agréable à jouer, mais il a un bon potentiel.


Realsport Boxing (Atari, Atari 2600)

Oui, un jeu Atari 2600 en 1987, et pourtant c’est loin d’être le dernier : il y en aura jusqu’en 1992 ! Face à la concurrence il est évidemment à la ramasse, mais pour la machine, c’est assez impressionnant : les personnages sont grands et relativement détaillés, il y a une foule, et plusieurs coups possibles (pas trop non plus, n’en demandez pas trop). J’aime beaucoup la tête de l’adversaire qui part en arrière quand on le frappe.


Title Match Pro Wrestling (Atari, Atari 2600)

Je n’ai pas réussi à lancer une partie (sélectionner le joueur ne fait rien) c’est donc une capture du mode “démo”, mais le ring qui tremble sur les coups puissants, ça m’impressionne pour cette période. On voit bien que c’est le même moteur que Realsport Boxing : les sprites sont identiques, le ring aussi.


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