Les beat’em up – 1991


On n’a pas encore atteint le paroxysme des beat’em up, mais il y a une quantité de production impressionnante, malheureusement souvent mauvaise. Les jeux sont nombreux, mais ont du mal à se différencier en terme de gameplay, et continuent à exploiter la formule définie dans Double Dragon et Final Fight en 1988 et 1989. Certains copient même Final Fight sans aucune honte, jusqu’aux graphismes, personnages ou mises en scène.


The King of Dragons ; Captain Commando ; Knights of the Round (arcade, Capcom)

L’équipe responsable de Final Fight étant occupée sur Street Fighter 2 (voir le versus fighting période Street Fighter 2), Capcom, ne sachant pas encore le succès phénoménal qu’aura ce dernier, essaye de reproduire le succès du beat’em up de 1989 avec d’autres équipes : ce seront pas moins de trois jeux basés sur le même modèle qui sortiront en 1991 ! Malheureusement, aucun d’entre eux ne réussira à se hisser au niveau de leur aîné : The King of Dragon ajoute des aspects RPG inutiles et a un gameplay bien trop basique ; Captain Commando apporte beaucoup d’améliorations mais est encore plus dur avec des boss qui trichent trop ; et Knights of the Round est très bien réalisé mais aussi pas très excitant et déjà vu.


⭐ Teenage Mutant Ninja Turtles – Turtles in Time (arcade, Konami)

Konami reprend la formule du premier TMNT arcade et l’améliore dans tous les domaines : gameplay plus fluide, niveaux plus variés, technique améliorée, encore plus de références au dessin animé, etc ; son principal défaut est le manque de sensation d’impact des coups. Le portage sur SNES aura un grand succès, et sa popularité sera telle qu’il aura droit à un remake en 2009 sur Playstation 3/Xbox 360 ; il est aujourd’hui encore très bon.


The Simpsons (arcade, Konami)

Avec le moteur des jeux Tortue Ninja, des graphismes encore plus colorés, mais un gameplay moins riche et plus répétitif, The Simpsons était populaire surtout grâce à la licence à laquelle il est rattaché ; aujourd’hui il est assez moyen, voire franchement ennuyeux.


Vendetta (arcade, Konami)

Encore une fois utilisant le moteur de TMNT, Vendetta est très classique dans sa structure, mais son gameplay est un peu plus riche que la moyenne de l’époque : on peut notamment frapper les ennemis à terre, et au contraire se défendre quand on est au sol. Il n’avait pas grand-chose de spécial pour l’époque, mais il est plutôt bon aujourd’hui.


Spider-Man (arcade, Sega)

Avec un Spider-Man ventru, mou, lent, qui a l’air de s’ennuyer, et du coup moi aussi. C’est incroyablement décevant. Sérieusement, comment ont-ils réussi à faire un jeu Spider-Man aussi peu dynamique ? On dirait qu’il a 85 ans !


D. D. Crew (arcade, Sega)

Un beat’em up classique dans la veine de Final Fight, plutôt joli et très bien animé, mais que de fautes de gameplay ! Les coups à des groups d’ennemis n’en frappent qu’un seul (les autres peuvent donc attaquer sans souci), la précision est extrêmement aléatoire (un déplacement d’un pixel peut faire rater un coup), frapper quand on est “par-dessus” un ennemi ne fait rien, les ennemis peuvent sortir de stunlock pour contrer, il n’y a pas de combo, et la barre de vie descend à vitesse grand V : trois coups peuvent nous tuer, même en facile ! Une catastrophe.


Eight Man (arcade, SNK)

Dans le genre Kung Fu Master-like, mais avec un super-héros dans la veine de Ultraman. Plutôt sympa bien qu’il soit plutôt basique.


Sengoku (arcade, SNK)

Le gameplay est médiocre, le concept est très bizarre, les graphismes sont moches. Rien à rattraper, à moins de vraiment aimer les jeux bizarres, et si c’est le cas, je ne vous juge pas, moi aussi j’aime les jeux bizarres… mais pas celui-ci.


Burning Fight (arcade, SNK)

Enième clone de Final Fight qui se contente d’en singer l’apparence (à un point assez gênant) sans comprendre ce qui fait sa force, Burning Fight est un peu moche, raide, et manque clairement de punch.


Robo Army (arcade, SNK)

Encore un clone de Final Fight qui ne comprend pas que son intérêt réside dans la sensation de frappe, mais cette fois avec des cyborgs et des robots (c’est normal, Terminator 2 est sorti la même année). Le personnage fait autant d’effort pour soulever une voiture au-dessus de sa tête que moi avec un coussin (un petit) ; je veux bien que ce soit un cyborg, mais quand-même !


Captain America & The Avengers (arcade, Data East)

Dans les années 90, Marvel cède ses licences très (trop) facilement. Comme d’habitude avec Data East, c’est un jeu un peu moche (sauf les décors très chouettes) et pas très bien fignolé.


Battlecry (arcade, Home Data Corp)

Un beat’em up linéaire dans le style de Kung Fu Master qui a le mérite d’essayer d’être plus complexe avec de nombreux coups possibles. Malheureusement essayer ne suffit pas, et entre son gameplay brouillon et ses graphismes moches, il n’y a pas grand-chose à en tirer.


64th Street (arcade, Jaleco)

Voici tout simplement un clone de Final Fight qui semble se dérouler dans les années 30. A part cette période pas assez exploitée à mon goût, il n’a absolument rien de remarquable : un peu moche, raide, pas très varié.


Karate Blazers (arcade, Video System)

Encore un clone de Final Fight qui ne comprend pas que l’intérêt de l’original réside principalement la sensation de frappe : on a ici l’impression de frapper des mannequins en papier mâché. Le jeu cherche à compenser avec une vitesse largement accrue, mais ça n’en fait pas un bon jeu pour autant.


Ninja Clowns (arcade, Incredible Technologies)

On incarne donc un clown… ninja… qui va taper des gens dans la rue parce que… ils sont trop sérieux ? C’est n’importe quoi, et pas vraiment drôle. Le gameplay est atrocement haché, on a l’impression de tourner à 15fps, c’est une horreur.


Pu Li Ru La (arcade, Taito)

Un garçon avec une baguette magique affronte des robots, des méduses volantes avec des yeux et des oiseaux avec des nez en guise de bec, afin de récupérer la clé de l’horloge qui fait tourner le temps. Ou quelque chose comme ça. C’est n’importe quoi, et ça serait drôle si le gameplay suivait, mais ce n’est pas le cas : un coup de baguette magique et hop, les ennemis se transforment en animaux mignons.


Cycle Warriors (arcade, Tatsumi)

Pour une fois, voici un véritable changement de formule : c’est un mélange de jeu de course et de beat’em up, un peu comme Road Rash, mais plus focalisé sur les combats que la course : il est impossible d’accélérer ou de freiner, mais on peut un peu avancer ou reculer, ainsi que sauter. Niveau gameplay c’est assez basique, on se contente de mettre des coups à ce qui arrive à droite et à gauche, mais au moins c’est original.


⭐ Streets of Rage (Mega Drive, Sega)

Streets of Rage est tout simplement la réponse de Sega à Final Fight, qui sera porté sur la SNES mais pas la Mega Drive : l’histoire est quasiment identique, le gameplay est très proche mais plus riche, la technique est (pour la machine) très bonne, et la musique est excellente : c’est un très bon représentant du genre encore aujourd’hui.


Golden Axe 2 (Mega Drive, Sega)

“More of the same”, vous connaissez l’expression ? Eh bien en voilà une illustration. C’est pareil que le premier, en un peu mieux, mais pas beaucoup.


Mystical Fighter (Mega Drive, Taito)

Un beat’em up tout ce qu’il y a de plus banal, dans un univers Japonais médiéval. On ne peut pas dire que ce soit un bon jeu, mais c’est loin d’être le pire.


⭐ Battletoads (NES, Rare)

Technique impressionnante, très bonnes musiques, gameplay varié et maîtrisé (qui alterne différents genres), jeu en coop : tout est là pour en faire un jeu exceptionnel, mais soyons honnêtes, on se souvient de Battletoads avant tout pour sa difficulté absolument infâme, et son niveau “Turbo Tunnel” qui aura brisé bien des manettes. A moins d’être fan de la difficulté “à l’ancienne”, il a aujourd’hui assez peu d’intérêt.


Double Dragon 3 (NES, Technos)

Après une version arcade désastreuse, Technos en fait une vague adaptation sur NES qui n’a pas grand-chose à voir avec l’original. Créé dans le même moule que les deux premiers (forcément, sur NES le choix est limité), il est cependant extrêmement difficile : une seule vie pour le terminer, alors que des hordes d’ennemis nous attaquent sans relâche ! A réserver aux masochistes.


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